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Mon petit coin du web. Voici ce que je fais à temps perdu dans le transport en commun sur mon IPad. Vos commentaires sont les bienvenues; à quoi sert autrement de créer et d’écrire si l’on n’a pas de lecteurs?
Ce récit en est à sa deuxième édition. Il est un récit d'aventures écrit dans la tradition de "l'héroic fantasy" de l'auteur Abraham Merritt. Ce qui était quelques histoires courtes est devenu un roman. Ceux qui ont lu une partie de cette histoire m’ont persuadé que je devais la continuer et la travailler. Ce blogue me présente une excellente occasion de le faire. Une grande partie des photographies présentées sont de moi; les autres ont été prises dans le domaine public. S’il s’agit de votre matériel, en avisez-moi et selon votre désir je vous créditerai ou retirerai la photographie.
Ce récit est avant tout une oeuvre de fiction, bien que certains faits soient réels et que certains personnages correspondent à certaines de mes rencontres. Les lieux, légendes et faits historiques présentés sont essentiellement véridiques. Je présente cela sans aucune prétention et rappelle que tout les droits d'Over-Blog et ainsi les miens en tant qu’auteur s’applique sur le contenu présenté.
A. Saint
Le Crépuscule du dernier Soleil
Je parcoure le consulat du regard pour une centième fois et j’éprouve toujours la même déception. J’avais imaginé le consulat du Mexique comme un lieu opulent, une résidence isolée et somptueuse, une véritable parcelle de territoire canadien planté à Cancun.
Que j’avais eu tort!
Le consulat de Cancun n’est qu’un simple petit local localisé au troisième étage d’un centre commercial, appelé la plazza Caracol. La section publique est presque vide à part de deux simples fauteuils face à face de couleur blanc vanille ainsi qu’une petite table de chevet où un téléphone noir avait été déposé. Opposée à la porte d’entrée, se trouvait le guichet de service et derrière sa vitre épaisse, probablement blindée, deux préposés typiquement mexicain avec leurs cheveux noirs et leur peau brune, affairés à leur pupitre devant la porte fermée du bureau privé du consulaire. Depuis le matin je m’étais affairé à dûment remplir l’interminable ensemble des formulaires que pouvait générer la bureaucratique du bureau de l’immigration canadienne pour l’obtention d’un passeport d’urgence. À tout cela devait se joindre une attestation sur l’honneur de mon identité. Il ne me restait plus qu’à attendre. Tout ce qui m’importait était de rentrer chez moi, de retrouver la vie que j’avais quittée. C’était la seule pensée qui me réconfortait, qui me permettait du supporter le temps qui semblait passer si lentement.
Il y a déjà plus de trois heures que j’attendais. Mais le temps ne m’importait pas. Pour la première fois depuis des semaines, j’étais en sécurité et solitaire avec mes pensées. Ce n’était pas une libération pour moi, je me sentais au contraire incomfortable et terriblement seul.
Pour tenter de me distraire, je regarde une autre fois les murs dénudés du consulat, n’ayant qu’un tableau accroché sur un mur, au-dessus d’un divan à deux places, côtoyant une étagère métallique remplie de dépliants d’immigration au Canada. Je note qu’il n’y a aucun dépliant touristique illustrant les différentes régions du Canada ainsi que leurs attraits. Il n’y a rien à lire, rien à faire. Pour la centième fois, j’examine la toile accrochée au mur. Une peinture naïve où sur un fond noir étoilé, se dessine un érable grossièrement stylisé. À cet érable s’accrochent trois gigantesques feuilles d’érable dont l’une est d’une couleur vert tendre, l’autre jaune orange et la dernière argentée. Je présume que ces couleurs devaient représenter les climats saisonniers du Canada. Je trouve toute l’atmosphère de l’endroit stérile et quasi-clinique. Mais j’admets que je profite tout de même de l’air frais de l’air conditionné, ce qui était appréciable en considérant les 40 degrés Celsius à l’extérieur. J’émis un profond soupir. J’étais angoissé. L’attente ne finissait plus mais ce n’est pas qui me dérangeait. Je me sentais coupable d’être ici en vie alors que tant de vies avaient été sacrifiées et tant de choses précieuses avaient été perdues. Je ne savais pas ce qui était adevenu des autres qui étaient avec moi. Le pire, honnêtement, était d’être incertain de ce que nous avions vraiment réussit à accomplir.
Je regarde ma montre qui indique bientôt deux heures de l’après-midi. Il y avait maintenant cinq heures d’écoulées depuis que je leur avais fournit une copie du rapport de police. Deux jours avaient été nécessaires afin d’obtenir ce rapport, les procureurs publics étant débordés par l’état d’urgences qui avait été déclarées à la suite des séquelelles de l’ouragan. Ce rapport de police rapporte simplement que l’ensemble de mes papiers d’identité, carte de crédit, mon argent et passeport avaient été perdues ou m’avaient été volés. Mais il omettait l’essentiel de ce qui m’était arrivé. J’avais gardé bien des détails secrets de crainte à me voir traiter de fou.
Je vois le Consulaire sortir de son bureau. Avec son air grave, je devine que les nouvelles ne sont pas bonnes. Le Consulaire était un homme de bonne apparence, sympathique, en début de quarantaine aux cheveux couleur poivre et sel. Des yeux marron aux reflets ambrés se cachent derrière des lunettes épaisses. Il s’approche de moi et me dit gravement :
-Je suis désolé. Je n’ai pu contacter aucune de vos références. J’ai aussi parlé à Monsieur l’ambassadeur à Mexico et sans référence je ne peux pas vous délivrer un passeport.
Vous avez d’autres noms et numéro de téléphone que vous pourriez me fournir?
Il me fournit une feuille ainsi qu’un stylo. Je m’affaire à écrire rapidement le nom de voisins, d’amis de la famille dont je pouvais me rappeler le numéro de téléphone par coeur. Je lui remets la liste qu’il parcoure rapidement du regard.
-Cela devrait bien convenir! m’assure-t-il.
Il ajoute avec un certain regret:
-Vous ne pouvez rester ici en raison des règles de sécurité, vous ne pouvez non plus laisser vos bagages ici. Allez prendre quelque chose à boire et à manger et revenez vers quatre heures trente. D’ici là, tout sera essentiellement réglé.
Je lui serre la main et partit tout simplement le long du boulevard Kukulkan de Cancun.
En marchand par hasard, je trouve une plage encastrée par les de titanesques complexes hôteliers. J’en profitai pour trouver une douche publique et me rafraîchir. Je n’avais pu me laver ou changer de vêtement depuis les derniers trois jours. Mon apparence devait être pitoyable. Je m’assois avec mon sac à dos sur le sable blanc. Je me laissai sécher au soleil. Je contemple alors l’azur, le bleu du ciel se fondant dans les vagues de la mer des Caraïbes.
J’en profitai pour me remémorer les évènements insolites qui m’ont acheminé jusque là. Des circontances qui en fait remontaient à plus d’un an, le jour où je connus la mort pour une première fois.