Partager l'article ! Partie 4: Je me réveillai avec la lumière du soleil qui perfusait au travers de mes rideaux. Le beau temps était donc au rendez-v ...
Je me réveillai avec la lumière du soleil qui perfusait au travers de mes rideaux. Le beau temps était donc au rendez-vous! Mon réveil indiquait près de six heures trente. J’avais mal à la tête et la gorge sèche. J’avais la gueule de bois, pas la meilleure des façons que j’avais imaginé pour commencer mes vacances. Je pris ma douche et me rasai. En regardant ma réflexion dans le miroir je trouvais que j'avais mauvaise mine : mes yeux étaient cernés, ternes et sans vie. La fatigue et mon stress des derniers mois étaient marqués dans mon visage.
- C'est donc cela des vacances! murmurais-je à moitié amusé. Je bu une bouteille d’eau minérale en regardant la cour intérieure. Il y avait des nuages, mais le soleil s’imposait dans le ciel et il semblait magnifique, scintillant sur l’eau qui s’écoulait de la fontaine de pierre voisine. Je ne voyais aucune activité. Je m’habillai pour le gymnase et commençai ma journée en joggant plusieurs fois autour du complexe et remarquai qu’à cette heure matinale, il y avait beaucoup de personnel affairé à l’entretient méticuleux des terrains.
Le gymnase était à l’extrémité ouest du complexe, près de l’autoroute. Je fus agréablement surpris de le trouver aussi bien équipé. Il y avait deux tapis roulant, trois vélos stationnaires et assez d’équipement Nautilus et de poids libre pour un entraînement sérieux. Je n’aurais donc pas de vacances concernant mon programme de musculation et de conditionnement physique. Depuis l’an dernier, je m’entraînais presque tous les jours que je le pouvais pour m'aider à maintenir la forme et diminuer le stress. Cela m'avait été une nécessité pour maintenir ma santé physique et mentale après mon accident quasi-mortel en terres Inuit que j'avais prospectées. Cette attaque d’ours m’avait laissée deux semaines dans le coma et avait nécessitée trente longues semaines de convalescence pour réchapper et rétablir mon corps brisé et déchiré. C’est au prix de laborieux et intenses efforts impliquant différentes thérapies et réadaptation que je pu retrouver une vie normale. Les médecins attribuaient mon miraculeux et complet rétablissement à ma jeunesse, vitalité et excellente condition physique. Je l'attribuais pour ma part aux soins du Shaman qui m'avais sauvé la vie. La gym était ainsi devenue pour moi une cure. J’admettais que j’aimais bien le développement corporel qui en découlait. Je n’avais pas un physique de culturiste; mes muscles n’étaient ni noueux, boursouflés ou veineux mais gracieux, flexibles et durs. Je perdais peut-être bientôt la jeunesse tumultueuses de mes vingt ans, mais je me considérais enfin mature et au sommet de ma forme physique pour ma trentaine. Du moins c’est ce que j’aimais croire dans mes élans narcissiques.
J’étais seul au centre de conditionnement physique. Il y avait un stéréo que j’allumai et choisi un disque compacts. Il n’y avait pas grand choix, je sélectionnai une compilation des meilleurs succès des années quatre-vingt. Je reconnu la première chanson comme un succès original de la bande du film « Top Gun ». Tant pis, il n’y avait que cela. En tout cas, cela sera un entraînement sous le signe de la nostalgie ma jeunesse. Je me promis d’amener mes propres disques demain. Je fit vingt minutes de vélo stationnaire et travaillai mes muscles. J’avais presque terminé l’ensemble de mes exercices lorsque la musique d’un succès du groupe « Alan Parson’s Project » appelée « Eye in the sky » s’amorça. Je me mis à la chanter à gorge déployée:
- I am the Eye in the Sky looking at you… I can read your mind… I can read your mind….
Je réalisai subitement que je n’étais plus seul. Un jeune homme au physique de sportif, à la peau ambrée et aux cheveux noirs était là qui me contemplait bouche bée. Je m’arrêtai immédiatement totalement embarrassé et lui sourit comme un imbécile. Il ne voulait pas me rendre mal à l’aise mais il ne pouvait s’empêcher de me dévisager de façon bizarre.
- Hola Señor! dit–il enfin
- Hola!, répliquai-je perplexe.
Il continua en anglais :
-Je suis Saul; seriez-vous intéressé par un tour guidé des ruines de Tulum en bicyclette?
-Non merci, pas pour maintenant! lui répondis-je. Une autre fois peut-être! Mucha Gracias!
Je l’observai à mon tour. Je vis qu’il retournait à l’extérieur du gymnase devant le terrain de tennis où quelques gens étaient déjà rassemblés et enfourchaient des bicyclettes prêtes pour leur excursion. Il me semblait tout de même sympathique ce Saul. Vraiment une autre fois peut-être.
Il était déjà neuf heures. Je les saluai et rentrai à ma chambre et me douchai. Je remarquai que ma chambre avait déjà été nettoyée et qu’un lapin se dressait sur mon lit avec deux chocolats. Mon réfrigérateur était de nouveau plein. J’enfilai mon Speedo rouge tout neuf que je couvris d’un short de la même couleur et mis une chemise flottante à manche courte. J’avais des sandales aux pieds et me dirigea vers la hacienda pour déjeuner. Nous y étions accueillis par une table offrant jus d’orange et champagne, avec en plus des Mimosas, Saumon, fromages à la crème ainsi que des biscotte. Il y avait même un bol d'œufs d’esturgeons sur glace. Je n’avais pas l’esprit à consommer de l’alcool; j’avais bien retenu la leçon de ma dégustation de Tequila d’hier. Je pris une table et aussitôt une hôtesse souriante m’offrit un jus d’orange fraîchement pressé et un café. Je la remerciai. Je visitai le buffet. Il contenait des gaufres, omelettes préparées et servies avec les condiments de son choix. Il y avait une grande sélection de pain, fromages, fruits frais, céréales et yaourt. Il serait très facile de manger « santé » ici. Je commandai des pains dorés assaisonnés de cannelle que j’accompagnai d'une montagne de fruits. Je ramassai un journal, l’article principal affiché sur la première page parlait de Stan qui forçait l’évacuation des 270 travailleurs de cinq plateformes pétrolières du Golfe du Mexique. On craignait que Stan se renforce dans le golfe du Mexique pour devenir un ouragan. Le gouvernement Mexicain avait décrété une alerte nationale pour la région de Veracruz. Je pensai avec sarcasme de nouveau à Kris qui m’avait pourtant dit que septembre et non octobre était la saison des orages; elle m’avait encore moins parlé d’ouragans! Je terminai mon déjeuner et me dirigeai vers le bureau de la concierge où la préposée enregistra ma réservation du soir pour le restaurant italien. Il restait heureusement de la place. Je me trouvai une chaise longue à la piscine et m’installai pour profiter du soleil. Il était temps de donner des couleurs à ma peau blanche! J’étais à peine assis lorsque les deux monitrices, Maria et Cheryl vinrent me recruter pour la séance matinale d’étirement. Par après je me joignis de bon cœur pour la session d’aérobique aquatique. L’exercice fut revigorant et me fixa définitivement dans l’esprit des vacances. Il ne restait plus rien de toutes mes craintes passées, de Montréal, de mes anciens patrons, du travail et des compagnies minières. Je vivais pleinement dans le présent. Je sorti de la piscine commença à me sécher lorsque le barman passa et me laissa une boisson fraîche.
- Je n’ai rien commandé affirmais-je.
- C’est pour goûter Señor, répliqua le barman. Daiquiri à la banane, à votre santé!
Je levai mon verre et goûtai. C’était un breuvage crémeux absolument délicieux.
Je remerciai le barman :
- Gracias!
- De nada! répondit-il en souriant.
Je réalisai alors que la majorité les gens entourant la piscine dégustait le même breuvage. Je n’eu pas le temps de vider mon verre avant de me laisser entraîner dans un féroce match de Water-polo avec Cheryl. J’étais du côté du personnel de l’Allure contre un amalgame de Français, d’Italiens et d’Américains incluant Ted. Ce dernier était en bonne forme physique et se montra férocement compétitif. Les échanges de ballons furent intense et le match attira l’attention de tous autour de la piscine, plusieurs encourageant les membres de leur groupe respectifs. C’est avec satisfaction que nous avons remporté le match haut la main. Les perdants étaient frustrés et nous lancèrent aussitôt un défi en fin d’après-midi dans une joute de Volley-ball qui fut accepté.
J’allai rejoindre Ted et lui serrai la main.
- Vous êtes un sacré athlète complimenta t’il.
-Merci! Vous aussi! Et pas trop nerveux à quelques jours du mariage? demandais-je.
-Non, nous avons eu notre première rencontre pour les préparatifs plus tôt ce matin, ils prennent vraiment soin de tous les détails! continua Ted. Il soupira profondément laissant transparaître sa nervosité.
Il me mena à leur place ou Judith et Angela profitait d’un bain de soleil. Cette dernière sembla m’ignorer. Tant pis.
-Quel match! commenta Judith. Je ne pourrai pas être la cette après-midi, j’ai rendez-vous au Spa. Il faut que je sois la plus belle jeudi!
-Vous serez la plus belle, j’en suis certain! lui répondis-je sincèrement. Cette remarque la toucha profondément.
-Je vais au bar annonça Angela. Quelqu’un veux quelque chose?
-Une bière dit Ted. Judith hocha la tête en signe de « non », remis ses lunettes soleil et se rallongea sur sa chaise.
-Je prendrais bien un autre daiquiri répondis-je. Je vais t’accompagner!
Le langage corporel d’Angela montra sans subtilité que je m’imposais. Mais je m’immisçai quand même. Une fois arrivé au grand bar du Sugar Reef, je la confrontai.
-Si j’ai fais quoi que ce soit qui t’a blessé je m’excuse Angela lui dis-je doucement. Mais je ne vois pas quoi!
- Vous vous intéressez à moi répliqua Angela, bouleversée. Vous êtes beau, je suis flattée mais jamais je ne pourrais…
-Parce que c’est Lydia que tu aimes! lui annonçais-je tout simplement.
Elle s’étouffa :
- Quoi? Tu savais!!!!
-Tu n’es pas ma seule amie lesbienne!
Elle paniqua :
-Mon frère! Ma famille ne peut rien savoir, mon Dieu, personne ne doit savoir….
Je la serrai contre moi pour la calmer.
-Il n’y a pas de danger de ça. Je suis ton ami et pour moi tu as le droit à une vie privée envers ton frère et ta famille et pour moi c’est sacré. Seul toi décideras, si un jour tu aimes quelqu’un au point que tu voudras partager ton amour avec toute ta famille.
Je lui essuyai les larmes coulant sur son beau visage et elle me regarda perplexe.
Je me plaignis tout penaud:
- C’est bien ma chance : non seulement je suis du mauvais sexe pour la fille la plus superbe de tout l’Allure, mais celle-ci va me ravir tout autres filles que je pourrais intéresser...
Je soupirai de façon exagérée en souriant et lui serrant la main.
Angela refoula ses sanglots et pouffa de rire :
- You are absolutly crazy! (Tu es complètement fou!)
Elle m’expliqua ensuite comment sa vie avait été difficile. Même en ces jours à l’extérieur de la sécurité du campus universitaire, on la condamnerait, détesterait sans raison et on refuserait de la comprendre. Au moins son milieu professionnel était plus ouvert. J’admis qu’à Montréal les homosexuels profitaient d’une plus grande tolérance. Après tout, le mariage gai était désormais force de Loi au Canada.
J’invitai alors Angela et sa copine à venir éventuellement chez moi ce qu’elle n’écarta pas. Elle commencerait bientôt une ronde d’interviews qui pourrait l’amener au Canada afin de développer sa carrière et se joindre à une troupe d’opéra.
-Ca prend du temps pour une bière! se plaignit Ted en nous interrompant.
-Vous faites un beau couple! ajouta t’il innocemment, tout satisfait.
Angela et moi nous somme regardés et éclatâmes aussitôt en rires. Ted nous regarda hébété alors que nous rions aux larmes incapables de nous arrêter.
Je laissai Ted et Angela le cœur léger en leur promettant de les retrouver plus tard. Je trouvai un petit bar particulier près de la plage, il était rond en bois gris avec un toit pointu en chaume. Ce qui était remarquable était les bancs qui l’encerclaient. Il s’agissait de simples balançoires constituées d’une planche de bois suspendue du toit par deux cordes solides. Le barman m’accueillit chaleureusement et se présenta a me serrant la main, il se nommait Tiburcio. Il me félicita de mes exploits sportifs précédents et m’offrit à boire. Devant mon hésitation, il me demanda de lui faire confiance. Il mélangea savamment une de ses concoctions qu'il servit avec un soupçon de grenadine.
- Ma version de « Sex on the beach » présenta fièrement le barman.
J’en bu une gorgée et approuvai. Je venais de trouver ma boisson favorite. Je fis part de mon compliment à Tiburcio qui commença aussitôt à m’en préparer un autre avec le plus grand des plaisirs. Nous eûmes alors une conversation, échangeant un peu sur nos vies. Je finit de boire mon premier verre et entama l’autre que j’amenai avec moi en me dirigeant vers la tour du maître nageur.
-Hola! dis-je au surveillant.
-Hola! répondit-il. Il s’agissait d’un grand jeune homme athlétique au profile classique d’un nageur de compétition. Je le reconnu, il s’agissait de Gerry, un de mes co-équipier dans le match de water-polo précédent.
-Vous savez si vous abusez des boissons de Tiburcio, je dois vous empêcher de vous baigner, plaisanta t’il.
-Bien compris! répondis-je en riant.
-Si vous voulez vous baigner aller a la plage à ma droite; il n’y a pas de corail et de roche. Je vous recommande aussi d’aller à la station de plongée. Demandez à Aaron de vous diriger au meilleur point du corail. Vous m’en reparlerez!
J’acquiesçai et le remerciai.
Je trouvai Aaron au magasin de plongée. Je l'avais vu précédemment donner des cours de plongée dans la piscine et enseigner l'utilisation d'un scaphandre autonome. Il n’était pas un latino typique. Il était musclé, trapu, au torse poilu et je devinais par son physique un héritage italien ou méditerranéen. Je lui dis simplement que Gerry m’envoyait pour une plongée. Je l’informai que j’avais déjà ma licence de plongeur. Tout enthousiaste, il me présenta un masque de plongée et un tube que je chargeai à ma chambre. Il m’invita dans un kayak et m’amena à environ 400 mètres de la plage, complètement à gauche de la zone de baignade délimitée par les câbles de sécurité. Une pointe de corail se dressait hors de l’eau, tout juste avant le bris de vagues en provenance des profondeurs de la mer des caraïbes. Elle devait lui servir de repère. Aaron m’expliqua qu’à ce point se trouvait la sortie d’un cenote et que son eau douce et froide attirait de nombreux poissons ainsi que leur prédateurs. Il m’indiqua de plonger. Je me jetai à l’eau, mis mon masque, nettoyai mon tube et m’immergeai dans le monde sous-marin. Je notai qu’effectivement l’eau me sembla étrangement froide et cela me prit un peu de temps pour m’habituer. J’eu alors la curieuse impression de flotter dans un nouveau monde liquide, une planète silencieuse. Je voyais des plantes magnifiques, des coraux chromatiques, quelques anémones qui passive au courant me semblait presque luminescentes. Je pris le plus grand soin d’éviter le corail fragile. Je savais que le simple toucher pouvait ruiner ce qui avait prit des années à la nature à construire. J’allai plus profondément à la rencontre des autres habitants du corail. Il y avait des poissons perroquets en bande et ainsi que des poisson clown aux couleurs vives qui fuyait devant moi. J’étais fasciné par la grâce spectrale des poissons anges. J’aperçu aussi un petit requin qui me sembla perdu en changeant constamment de cap en nageant. Je perçu également des habitants plus sinistre de ce monde bleue, comme ce barracuda long et effilé qui rôdait autour, des raies enfouies sous le sable marin, les oursins de mer au épines noires et venimeuses, une méduse ayant capturée un poisson dans ses tentacules toxiques ainsi qu’une murène menaçante qui tel un serpent se terrait dans le corail à l’affût d’une proie. Je remontai à la surface et retrouva Aaron qui m’attendait patiemment. Je lui communiquai mon émerveillement face à tout ce que j’avais vu et en même temps lui fit part de mes inquiétudes concernant les espèces potentiellement dangereuses que j’avais rencontré. Il m’assura qu'il n'y avais que peu de danger, il connaissait bien la murène qu'il avait baptisé Sam. Cette murène était docile, complaisante avec amplement de nourriture à sa portée. Sam lui mangeait même parfois dans sa main. Je trouvais risqué d’approcher ce monstre marin dont les mâchoires acérées comme des lames de rasoirs pouvaient facilement couper un doigt ou blesser sérieusement. Je le remerciai chaleureusement lorsque nous regagnions la plage. Je lui serrai la main en le remerciant une fois encore et en lui suggérant qu’il serait un plaisir de plonger prochainement avec lui. Il me recommanda alors d’essayer la plongée à Xel-Ha ou de considérer les grottes sous-marine des cenotes de Dos Ojos ou encore mieux d’aller à Cozumel qui est considéré comme un des meilleurs sites de plongée dans le monde.
Il n’y eu pas de match de revanche au Volley-ball de plage, l’équipe qui nous avait défié se présenta incomplète. Ted manquait par exemple et je soupçonnais fortement ce dernier de profiter d’un massage en profondeur pour expier une anxiété grandissante à mesure que les heures le rapprochaient du grand jour. Il y eut tout de même un match amical de Volley qui fut des plus plaisants. J’y fit la connaissance de deux couples de Français qui m’invitèrent à ce joindre à eux pour une excursion organisée par l’hôtel demain après-midi à la ville voisine de Playa del Carmen. J’acceptai volontiers. Il approchait quatre heures, même si le soleil était encore haut à l’horizon. Je décidai de rentrer à mes quartiers. Très vite, à chacun de mes pas je sentais le dessous de mes pieds cuire sur les tuiles de terra cota chauffées sous le soleil. Je sursautai de douleur entre les points d’ombre pour trouver un court soulagement avant de me décider de sprinter vers ma chambre. Un fois arrivé, je repris mon souffle et me jurai de plus négliger de m’amener une paire de sandales.
En me préparant à une douche pour me rafraîchir je réalisai que ma peau était brûlée. Mes cicatrices étaient encore plus visibles, ces dernières étant mises en évidences par leur parcours resté blanc sur le fond écarlate de ma peau. J’avais effectivement abusé du soleil et négligé ma protection solaire. Ce qui ne me sembla pas grave, je me disais c’était normal en un premier jour. Je pensais naïvement que tout dérougirait pour demain. Je m’enduis copieusement de crème solaire sur tout le corps. Trop peu, trop tard, je le savais que trop bien; je raisonnai que tout au moins ma peau resterait ainsi hydratée. J'enfilaislentement et péniblement mon pantalon et ma chemise et nouai ma cravate.
Les restaurants Gohan, Senggigi et Casanova étaient ensemble sous le même toit, juste en face de la Hacienda. Un maître d’hôtel m’accueillit à l’entrée du Casanova et vérifia ma réservation dans son livre et me mena à ma table. L’endroit était à la fois intime, somptueux et simple. Le rouge et l'or y était à l’honneur. L’éclairage y était tamisé, mettant en évidence la pure radiance des chandelles. Je saluai un couple de canadien à une table voisine que j’avais entrevu hier lors du souper. Ils m’invitèrent à les joindre. Nous jasâmes en prenant nos apéritifs. J’appris qu’il s’agissait d’un couple dans la cinquantaine de York en Ontario tout récemment devenu grands-parents et venu pour le mariage de Ted et Judith. Elle se nommait Jeanne Boudreaux, heureuse de rencontrer en moi quelqu’un qui prononçait son nom correctement. Elle était tout à fait charmante et particulièrement fière de son héritage francophone. Son mari, Richard Verrazzano, était plus sérieux, austère et m’intimidait quelque peu. Il était de descendance italienne comme son nom l’indiquait bien. Il avait fait fortune dans l’immobilier et il m’était évident qu’il avait l’habitude ce genre existence luxueuse. Je l’entendis commenter et critiquer la liste des vins disponibles tels un œnologue accompli. Pour ma part je ne connaissais pas les vins et me fiai à ses recommandations, un Chanti classique de Toscane et Shiraz du Chili.
Jeanne et Richard partagèrent un Antipasti pour deux alors que je j’avais choisi leur Bruschetta. Je savourai ensuite la délicatesse d’une assiette de linguinis aux crevettes alors que de la lasagne à la sauce rosée et des linguinis à la sauce carbonara était servi d’un côté et de l’autre de la table. Je goûtai au vin rouge chilien qui était sec, riche en tanins et arômes fruités. Mon verre était continuellement plein et j’étais impressionné par le travail extrêmement professionnel, attentionné et de première classe de notre serveur, Marcello. Il servit nos plats principaux: une superbe bavette de bœuf Angus à l’échalote pour Richard, un délicieux rizotto Al funghi, au trois champignons pour Jeanne et enfin une côtelette d’agneau à la sauce porto cuit à la perfection et exquis comme tout le reste. Le Chianti était exceptionnel et sublime avec le repas. Et pour couronner le tout, le dessert était le meilleur Tiramisu que je n’ai jamais goûté. Jeanne profita des truffes au chocolat, elle admettait être complètement accroc de tout ce qui était chocolaté, alors que son mari préféra le gâteau fromage. Je terminai avec un café Brésilien. Tout avait été exceptionnel, j’avais apprécié le service et toute sa complaisance. Richard aussi n’avait que des commentaires positifs et provenant d’un Italien je considérais cela comme la plus haute des louanges possibles. Je laissai mes meilleurs remerciements aux personnel du Casanova et mes salutations au couple canadien.
Je quittai le restaurant et entendit le massacre auditif de « I will always love you » originellement interprété par Whitney Houston qui venait du bar près de la piscine. Je vis une petite blonde américaine sur un podium qui tenait devant un micro, les yeux tournés sur un téléprompteur. C’était effectivement la soirée Karaoké. J’aperçu Angela prendre la scène à son tour, elle effectua en premier une chanson de Cher, « Believe » avec une voix suave, riche et puissante. Elle avait beaucoup de talent. Elle enchaîna avec un succès récent de Madonna, « Music » en démontrant tout l’entrain nécessaire. Elle termina sa prestation avec « I shall go on » le célèbre thème du film Titanic quelle parodia avec une expression faciale exagérée de Céline Dion et sa manie de se marteler la poitrine. Je me tordais de rire à sa vue et je n’étais pas le seul. Angela maintint sa concentration et termina sa chanson dans la clameur enthousiaste d’applaudissements. Elle délaissa son micro et rejoignit la jeune femme blonde. Je m’approchai d’elle pour la féliciter. Angela était absolument resplendissante, mais je n’étais pas le seul à l’avoir remarqué. C’était aussi l’avis de la jeune californienne typique qui se présenta à moi sous le nom de Julia. Elle devint dès lors, l’amie inséparable d’Angela pour tout le reste de son séjour. Je m’excusai auprès de ces dames en les laissant entre elles; elles semblaient si bien ensemble. Le barman Daniel m’attrapa au passage et insista pour que j’essaye sa boisson « drapeau mexicain » ainsi qu’un de ces fameux Kamikazes dont il se vantait. Je savourai mes verres tout en écoutant la chanson « I still haven’t found what I’m looking for » qui était correcte mais dont le chanteur n’avait rien de commun avec Bono. Pendant la prestation pénible d’un succès de Britney Spears méconnaissable, je crois qu’il s’agissait de « Lucky », je délaissai le bar et retournai à ma chambre.
Il était près de une heure du matin et je ne désirais rien d'autre que de m’abandonner au sommeil mais toute position m’était inconfortable, douloureuse. Je me battais contre mon oreiller, je ne pouvais même pas supporter le drap le plus léger. Ma peau me brûlait partout. Je me levai en m’enduit complètement le corps de Solarcaine qui me rafraîchit quelque peu et j’avalai deux comprimés d’analgésique. La fatigue me gagna finalement et je trouvai un sommeil sans rêves.