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Je fut surpris de lire qu’entre les murs du bâtiment suivant, les Mayas étaient dédiés è la philosophie et l’avancement des connaissances. L’édifice était l’Akab-Dzib. Il comprenait trois sections et un total de 18 pièces. Ses toits et arches étaient voûtés. Des bancs se trouvent sur les mur est et les cadres de portes sont de pierre polies. La couronne de l’édifice est embellie par une ornementation géométrique, enjolivées par les pierres disposées dans une mosaïque. Sur la porte sud, il y a une représentation sculptée de Quetzalcóatl assis sur son trône, entouré d’hiéroglyphes qui n’avaient pas été encore été déchiffrés et qui avait valut à cet édifice son nom qui signifie « écrits occultes ». Je fus choqué et bouleversé de voir clairement visible les empreintes d’une main rouge. Cela me ramena en arrière dans une tente de l’arctique ou j’avais été entre la vie et la mort. Il s’agissait ici de la main céleste du créateur, de la main du premier shaman créateur, Itzamna. Il avait bel et bien été ici. L’empreinte des mains s'agissait d'un symbole commun à plusieurs cultures mais retrouver ici le même symbole de ce shaman inuit dépassait l'entendement. Il n’y avait pas de coïncidence : il y avait ici un lien entre mon expérience en territoire Inuit et ce qui m’arrivait ici. Si seulement je pouvais comprendre ce dont il s’agissait.
Je marchai ensuite pour joindre le fameux El Caracol, l'observatoire astronomique maya qui malgré les ravages du temps m’apparaissait absolument splendide. Il s’agissait d’une magnifique structure qui ressemblait à nos observatoires modernes où deux plateformes rectangulaires servaient de fondation à une tour couvert d’un dôme. J’estimai que la structure faisait près de 25 mètre de hauteur. Par des fentes tout au haut de la tour les astronomes mayas pouvaient y observer la lune, le soleil et les planètes et surveiller l'approche des équinoxes et des solstices. En particulier, l’observatoire astronomique était utilisé pour analyser les mouvements de Vénus. Le cycle de cette planète était l'un des éléments de base qu’employait les mayas pour établir un calendrier des fonctions publiques et rituelles. De nombreux points d’observation de El Caracol coïncident parfaitement aux positions de cette astre dans le ciel durant son cycle de 584 jours. La tour est une structure unique en son genre dans le monde maya étant dotée d’un escalier intérieur en colimaçon qui lui a valu le nom de Caracol (« escargot » en espagnol). Je méditai un moment sur la complexité mathématique et scientifique des Mayas qu’avait nécessité l’accomplissement d’un tel observatoire. Je quittai le site rempli d’admiration pour cette civilisation.
Je quittai l’ancien district de Chichén Itzá pour découvrir ses structures plus récentes.
Cette portion du site archéologique fourmillait de gens cuits par l’intense soleil.
Je vis un curieux siège aux formes félines tout juste à l’entrée du temple des jaguars. Cette statue de jaguar avait possiblement servi de trône cérémonial ou de siège d'honneur pour le seigneur de Chichén Itzá. Initialement ce siège était peint et incrusté de jade qui a été érodé par le temps. Beaucoup d’archéologues croyaient que le gouverneur de la ville était ainsi assis sur ce trône pour présider des cérémonies publiques et religieuses ou pour rencontrer les courriers diplomatiques des autres parties du Yucatan. Auprès de ce jaguar, je pouvais observer les colonnes en forme de serpent avec leur tête à gueule grande ouverte à la base. Il y avait des bas-reliefs à l’effigie de guerriers fiers en armure. Mon livre illustrait l’intérieur du bâtiment inférieur, où il y avait une annexe décorée de colonnes peintes à l’orange brûlé, au bleu et verts pastel illustrant des chefs militaires avec leurs attributs de plume ou de peau de guépard portant des lances et des lanceurs de dards. Il y avait aussi plusieurs découpages du dieu Kukulkan. J’examinai les photos d'une fresque colorée sur le mur arrière de l'annexe qui montrait un dignitaire posé sur son trône avec des rangées des guerriers portant l’arme traditionnelle, le lanceur de dard. La porte au temple supérieur était marquée par deux grandes colonnes serpentines qui s'ouvre à une série de chambres dont les murs étaient peints de scènes militaires de l'histoire de Chichén Itzá. Le haut temple était aussi fermé au public pour protéger ses fresques murales peintes mais je retrouvai les fresques reproduites dans mon livre. Je constatai déjà à ce point comment les styles contrastaient entre les deux secteurs de la ville. Le nouveau Chichen Itza me laissait une impression nettement plus martiale, me montrant les mayas sous un aspect sanguinaire et terrifiant.
Juxtaposé au temple de jaguars, je découvrît la plus grande cours de boule de d’Amérique centrale. Elle mesurait 166 par 70 mètres orienté selon l’axe nord-sud. C’était une des sept autres cours de jeu de la ville. C’était aussi le terrain de boule le mieux préservé dans tout le monde de Maya. Il était en effet gigantesque et plus élaboré que ceux que j’avais vu à Cobá, il devait faite au moins une fois et demi la surface d’un grand terrain de football. Je remarquai qu’il s’agissait d’une merveille d’ingénierie acoustique, ses deux murs parallèles formant une enceinte qui pouvait refléter le son et produisait dans les deux sens des échos multiples qui amplifiaient le plus léger bruit. Au milieu des ses murs se levait un anneau de pierre décorés de serpents à une hauteur de 8 mètres. Les bas-reliefs le long des murs latéraux représentaient des scènes de matches. Les joueurs avaient le corps couvert de multiples protections tout comme Saul l'avait décrit. Ils ressemblaient ainsi à des joueurs de crosse. Je vis également la scène choquante d’une décapitation illustrée sur un bas-relief qui était complète avec le sang giclant du cou décapité. S’agissait-il d’une représentation du match des jumeaux divins héroïques aux enfers Mayas raconté par Saul? Je songeai un instant au jeune homme Maya que j’avais hâte de retrouver ce soir tout en admirant les figures de Quetzalcoatl sculptées sur les six colonnes du temple du sud.
Ma visite m’amena ensuite à l’opposé de la cours de boule, dans un petit temple au nord qui avait été baptisée le temple de l’homme barbu. Ce temple dérive son nom d'un bas-relief montrant un seigneur barbu, une représentation peu commune dans l'art de Maya, la pilosité faciale étant associée à la noblesse et à la puissance d'un dieu divin Kukulcán. Le port de la barbe correspondait au plus haut rang de la société Maya contraignant le reste du peuple maya à rester imberbe.
Sur une base avec des murs inclinés se trouve un temple constitué d’une plateforme 14 mètres de long et 8 mètres de large. J’éprouvais un étrange sentiment en montant son escalier central pour accéder au temple surélevé. Au sommet des arbres illustrés se trouvait des oiseaux dans un motif qui immanquablement rappelait celui du disque d’Ishell. L’escalier était bordé de magnifiques panneaux représentant des arbres, des papillons et des oiseaux par un panneau carré représentant le visage Kukulcán, l’homme aux attributs du serpent et de l’oiseau. Le temple lui-même n’était qu’une simple chambre couverte d’un toit voûté. Le mur arrière du temple était décoré d'une variété de scènes religieuses montrant un seigneur barbu et le dieu serpent Kukulcán accompagné de guerriers armés des flèches et plusieurs dignitaires assis habillé comme des aigles. Une autre fresque m’apparut comme une révélation. Son style était comparable à celles des panneaux de l’escalier extérieur. Il représentait un arbre abritant différents animaux dont un oiseau jaguar à son sommet. Il s’agissait d’une présentation de l’arbre de vie sacré des Mayas, le Ceiba, dont les racines puisaient leur source dans le cenote primordial au centre du monde. Au pied de l’arbre il y avait une tortue, et tout au dessus il y avait un Kukulcán resplendissant ayant les attributs du guépard et du serpent qui tenait une étoile. Je me demandai si il ne s’agissait pas originellement d’une représentation d’Itzamna. Si le dieu suprême Maya avait fondé la ville, je me serais attendu à voir des représentations de lui quelque part, surtout dans le vieux Chichen. Mais selon l’évidence, les toltèques dans leur conquête de la ville avait purgé la ville de ses anciens dieux à l’exception de Chaac, pour y édifier uniquement leur dieu et maître, Quetzalcóatl. Ce qui capta surtout mon attention fut l'étoile dont le motif rappelait celui du disque d'Ishell.
Un grand homme rentra dans le temple, également solitaire dans la foule. Il était un colosse aux cheveux châtain clairs, soigneusement taillés courts et en brosse. Il me suggéra aussitôt par sa stature rigide un militaire habillé en civil. Il ne faisait évidemment pas parti d’aucun groupe de visite guidé et semblait déambuler au hasard. Fait curieux, j’avais la distincte impression qu’il me surveillait intensément en évitant de se faire remarquer. J’étais peut-être paranoïaque mais j’avais l'impression de l’avoir vu auparavant, en fait plusieurs fois pendant ma visite. Cela m’incita à la prudence. Je quittai le temple.
Je trouvai une surprenante plate-forme décorée de centaines de crânes sculptés dans la pierre qui était adjacente au terrain de balle. Il s’agissait du Tzompantli ou de la plateforme des crânes en raison du panneau central de la plateforme découpé avec trois rangées horizontales des crânes sculptés dans la pierre.
Une explication suggérée était qu’il s’agissait d’une plateforme centrale employée pour placer et montrer les crânes des guerriers ennemis défaits dans la bataille ou celui des victimes sacrificatoires. Il y avait d’ailleurs des illustrations de guerriers, d’aigles et de jaguars portant la tête de sacrifiés. Ceci était contesté par plusieurs archéologues par le fait que cette section de Chichen Itza était de vocation religieuse. Même la cours de balle et le jeu qu’y était joué avaient une signification profondément mystique. Cette plateforme avait une structure en pierre renforcée en forme « T » d’environ soixante mètres de long et douze mètres de large.
Une explication alternative proposée est qu’il s’agissait d’une représentation du monde des morts de Xibalba. Les têtes coupées seraient celles des Seigneurs des enfers vaincus par les jumeaux héroïques. Chose certaine, ce monument était sinistre. Mon livre relatait aussi que de nombreux experts associent la structure du Tzompantli à l’influence des toltèques, de tels monuments se retrouvant dans leur ancien empire.
Voisinant la plateforme de crânes se trouvait une autre plateforme élaborée à quatre escaliers chacun ornée par deux énormes têtes de serpent. J’y retrouvais également les images d’aigles et de jaguars dévorant des cœurs humains. Les guerriers habillés en aigles avaient la réputation d’être des archers redoutables et les guerriers jaguars d’être les guerriers les plus féroces. Ces guerriers d’élites étaient représentés dans de nombreuses autres cultures du Nord du Mexique et avaient influencés même les grands Aztèques dont la civilisation ne commença qu’au treizième siècle et s’éteignit avec l’arrivée des espagnols menés par Herman Cortès en 1519.
Je me dirigeai vers une autre plateforme, dont l’architecture était semblable à la plateforme des jaguars et des aigles avec les mêmes têtes de serpent qui couronnait l’escalier. J’y distinguais à sa façade ainsi qu’autour des bas-reliefs qui ressemblait à une demie fleur gravée sur laquelle une étoile cruciforme aux pointes effilées était superposée. D’autres fresques représentaient un diamant dont les contours répétés et superposés suggéraient une irradiation. Les escaliers étaient gardés de chacun de ses côtés par des images du serpent à plume. Il s’agissait d’après mon livre guide de représentations de la planète Vénus. Vénus, un symbole de pouvoir, inspirait une crainte singulière chez les mayas anciens car elle signalait la guerre et le malheur. La simple lumière de cet astre était considérée comme néfaste. Plus tard, Vénus devint associée avec le dieu serpent Kukulcán, le dieu incontesté de la nouvelle ville de Chichen Itza. D’ailleurs il y avait une représentation du visage humain de ce dieu émergeant de la gueule d’un serpent.
Je songeai à ce culte de Vénus. Vénus par sa position devait ressembler à un compagnon proche et fidèle du soleil. Elle précédait le soleil comme étoile du matin alors qu’en d’autre temps Vénus était l’étoile du berger qui suivait le soleil pour disparaître avec lui le soir. Les Mayas adorait le soleil comme une divinité suprême et craignait sa puissance. Il faisait croître leur champs et mûrir leurs récoltes mais il amenait aussi parfois sécheresse et famine. Il n’était donc pas étonnant que Vénus soit ainsi vénéré. Mon guide littéraire ajoutait que cette plateforme de vénus était employée pour des cérémonies religieuses en l’honneur du dieu. Il y avait d’ailleurs une illustration montrant Kukulcán dans son rôle de Venus, possédant la langue bifurquée du serpent et les griffes du jaguar ayant un grand serpent qui émergeait de sa gueule. J’appris que cette plateforme est également connue comme le tombeau de Chac-Mool, un nom qui lui a été donné par l’explorateur Augustus Le Plongeon qui le premier a découvert la première statue de ce dieu à Chichén Itzá vers la fin du dix-neuvième siècle. La biographie de cet explorateur en faisait un personnage particulièrement coloré et excentrique. La mention de ce français me fit repenser à mes amis qui devaient être en vol quelque part au dessus de l’Atlantique. Curieusement, je lu que l’on ne savait rien de ce Chac-Mool : son vrai nom et sa signification sont toujours inconnus même si il est présenté comme un messager des dieux. Des idoles de Chac Mool ont été également trouvées à Tula la capitale originale des Toltèques et d'autres villes du Mexique central.
Je parti à la rencontre de Chac-Mool en procédant au Templo de los Guerreros, le « temple des guerriers », ainsi baptisé selon les sculptures de guerriers sur les piliers de la devanture et des colonnes de support. Trois bases rectangulaires servaient de fondation à un haut temple. Cette structure n’était d’ailleurs pas typiquement Maya mais s’associait plutôt au style toltèque, une analyse renforcée selon mon livre par la présence de Chac Mool comme autel sacrificiel anthropomorphique qui est virtuellement identique à ceux de Tula et de Tenochtitlan.
Je montai? ensuite au temple supérieur dont l'entrée est gardée par une statue de Chac-Mool. Je l'examinai de près: il s’agissait d’une statue représentant un homme couché sur le dos, aux genoux fléchis, aux épaules redressées, avec sa tête tournée sur le côté dont les mains tiennent un réceptacle sur son ventre pour contenir les sacrifices aux dieux. Le bol de ce messager des dieux avait peut-être contenu le cœur des victimes sacrifiées. Pourtant cette statue ne suscitait rien de martial ou de sinistre plutôt une certaine innocence. Curieusement ses traits n’étaient pas non plus typiquement Maya avec ses yeux ronds, son nez droit et sa petite bouche. Je remarquai, en m’efforçant de ne pas réagir, l’homme du temple de Kukulcán qui me suivait toujours comme une ombre. Je pensai qu’il pouvait peut-être s’agir d’un policier assigné par Morales pour me surveiller.
L'entrée principale était aussi bornée par deux colonnes sculptées en pierre ayant la forme du corps et de la queue d’un crotale dont les bases correspond à tête du serpent à sonnettes. La corniche du temple supérieur est presque totalement couverte de motifs d’aigles et des jaguars. Il y a également des images de Kukulcán comme étant le soleil de la terre. À l'intérieur du bâtiment, on y retrouve une multitude de peintures vivement colorées montrant la vie de Chichén Itzá. J’y voyais par exemple des pirogues blanches transportant des guerriers avec leur bouclier levé transporté sur une mer de poissons, raies, crabes et coquillages. Je pouvais y distinguer une agglomération de huttes avec des gens affairées a leur tâches quotidiennes, comme la poterie, le tissage, l’agriculture et la préparation de nourriture dans des foyers. Il y avait aussi un personnage prosternée devant une représentation du serpent à plume dans ce qui semblait être l’enceinte d’un temple.
Je découvris la place des mille colonnes qui était juxtaposée au temple des guerriers. Il s’agit en fait une multitude (je ne les ai pas comptées) de piliers et de colonne qui formait une structure de trois enceintes rectangulaires formant un « T » dont une partie servait de devanture au temple. Ces colonnes étaient à l'origine couvertes de plâtre et peintes et soutenait un toit qui au fil des centenaires s’est effondré et a disparu. Les experts supposaient qu’il s’agissait autrefois d’un grand hall de réunion. Tout ce qui restait des peintures originales ainsi que des représentations de la caste des prêtres qui régissaient la ville indiquait que l’endroit avait était décoré en honneur du dieu Chaac. L’ajout de guerriers sur les piliers s’était faite plus tardivement suggérant que cet endroit avait une vocation civile englobant des aspects religieux et militaires. La place des milliers de colonnes faisait peut-être partie d’une grande plazza englobant le temple des guerriers, le Mercado (marché), le bain vapeur et de quelques autres structures qui restaient encore à reconstituer. Au marché l’acoustique était parfaite, un simple mot parlé sur sa surface était facilement audible dans tout le secteur du marché.
Ma visite n’aurait jamais été complète sans aller inspecter la ruine qui est sans aucun doute la plus reconnue de tout l’univers Maya et qui trônait au centre de la plaine herbeuse de Chichén Itzá. Il s’agissait de la fameuse pyramide du dieu Kukulcán ou nommée également El Castillo « le château » en raison des espagnols qui la nommèrent ainsi lors de sa découverte. Je songeai que les Espagnols avaient du nommer ainsi toutes les structures magistrales et dominantes qu’ils avaient rencontrés lors de leur conquête de l’Amérique centrale. Ce bâtiment de pierre était vraiment imposant, c’était quelque chose de le voir sur des photos mais l’avoir ainsi devant soi, masquant le soleil de l’après-midi, j’étais absolument ébahi. La pyramide comporte une base carrée qui s’élève sur neuf étages qui d’après mon guide, évoquait les neuf niveaux des enfers Mayas. Les escaliers situés sur les quatre côtés de la pyramide totalisent 364 marches, un nombre qui correspond, si l’on tient aussi compte de la plateforme du sommet à chacun des 365 jours de l’année. La pyramide est constituée de 52 panneaux de chaque côté représentant le cycle de 52 ans du calendrier de Maya. Je fus fasciné par les gueules béantes de deux serpents grimaçants qui semblaient garder férocement l’escalier de la façade nord. Mon guide littéraire mentionnait qu’au crépuscule des équinoxes du printemps et de l’automne, l’ombre projeté par ce rebord de la pyramide dessine un motif sinueux qui ondule sur l’ensemble de l’escalier et reproduit ainsi le corps d’un serpent. En regardant les têtes monstrueuses et les paliers superposés en zigzag de la structure, il était facile d’imaginer ce serpent d’ombre.
Une autre merveilleuse caractéristique de cet édifice était que l’écho d’un claquement de main depuis le sol reflété par son sommet était déformé et ressemblait à un cri d’oiseau. Les acoustiques de l'endroit sont hallucinantes. Je fixai le regard vide de la tête de serpent de Kulkucan, n’en ayant pas cru mes oreilles. Je retapai mes mains trois fois et cette structure de pierres taillées par des humains antiques, modula et distordit l’écho de mes claquements de main qui revint comme des cris stridents. L’ingénierie acoustique nécessaire à une telle réalisation technique me dépassait.
Je réalisé que je regardais fixement un amplificateur, une caisse de son constitué par rien d’autres que de la pierre à chaux et le génie Maya des mathématiques, de la physique et de l’architecture. Cela me donna des sueurs froides malgré le soleil de 38 degrés Celsius et humidité de 90%. Je compris aussi que du temple là-haut, la voix pouvait être portée à des kilomètres de distance.
J’appris que la pyramide de Kukulkan avait été bâtie par-dessus une autre pyramide et qu’il y avait un temple à l’intérieur accessible. Le design de la pyramide originale correspondait à un calendrier lunaire contrairement à la nouvelle pyramide de Kukulkan qui avait une vocation de calendrier solaire. Après avoir grimpé un étroit passage depuis la base de l’escalier nord, j’atteignis la salle interne au sommet de la pyramide?. Cette salle contenait un imposant et vénérable trône à l’effigie d’un jaguar, une sculpture de pierre peinte d’un rouge vif avec des tâches de jade. Il s’y trouvait aussi plusieurs représentations du dieu Maya de la pluie Chaac, qui m’inspira encore un profond respect. Je regardai la quinzaine d’autres visiteurs, c’était le maximum de personne admissibles en ces lieux. Ils étaient tous essentiellement silencieux sauf un couple qui causa un incident. La femme s’était assise sur le trône du Jaguar le temps que son mari la prenne en photo. Un agent les apostropha rapidement, leur indiquant que cela était interdit et démontrait un manque de respect face à la culture que représentait ce jaguar. La réponse de ce couple intransigeant ne se fit pas attendre : ils avaient payer pour leur accès au site et avaient droit de profiter des lieux comme il l’entendaient. Le gardien voulait leur confisquer leur appareil photo, ils protestèrent. J’étais comme les autres inconfortables devant cette escalade qui profanait l’esprit des lieux et nous redescendîmes à la queue leu leu, croisant deux agents de sécurité qui montait et nous tassait au point de nous écraser dans le minuscule passage.