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Je me versai un café, pris mon sac à dos et mis le compas dans la pochette de ma ceinture de voyageur. J’allai à la plage ne pouvant simplement rester dans ma chambre et simplement attendre à rien faire. Je fixais tout simplement la ligne ou océan et ciel se découpent. Je pensai à Chibirias, au Vigil, à Saul et à Tulum et ma tête tournait. Je songeai aussi à Itzamna; tout semblait me ramener à lui. Même ce mystérieux shaman qui m'avait sauvé la vie semblait avoir une association avec ce dieu. Je désirais aussi retourner dans l'univers de Naum et y retrouver Chibirias ne serait-ce qu'en rêve.
Je vidai ma tasse, secouai le sable et commençai à me diriger vers le gymnase.
Saul y était déjà avec un petit groupe de résidents de l'Allure, certains d'entre eux arrivés tout récemment au Mexique comme le témoignait leur teint blême. Je les saluai tous.
Saul m’amena choisir une bicyclette. J’avais de l’eau, mon compas j’étais prêt et impatient de partir.
Il s’agissait que d’une distance d'une dizaine de kilomètres; une randonnée courte mais quand même difficile en raison de la chaleur ambiante même sous le soleil du matin.
Nous partîmes dans le quart d'heure suivant. A peine à un kilomètre de l'hôtel, Saul stoppa et nous montra nos premières ruines mayas de la journée. Directement sur le bord de l'autoroute se trouvait un monument ancien qui était dans un état remarquable. Plus profondément dans le boisé, des monticules de végétation et de pierre étaient visibles; il s'agissait de d'autres ruines attendant leur excavation. Saul expliqua que l’on retrouve ainsi des ruines partout au Yucatan. Ces vestiges constituaient une banlieue de l'ancienne ville Maya de Tankah sur lequel notre hôtel avait été bâti d'après les explications de Saul. Il commenta que ces ruines essentiellement intouchées causaient un problème au gouvernement mexicain qui planifiait d'élargir son autoroute. Je songeai que malheureusement ce ne serait pas la première fois que l'on détruirait un trésor historique pour y faire passer un chemin. Nous recommençâmes à pédaler. Deux jeunes hommes commencèrent à sprinter semblant penser qu'ils étaient au tour de France. Saul me regarda. Je lui signalai que je m’en occupais et accélérai à mon tour. La randonnée dégénéra ainsi dans une course de vitesse. Saul cria, semblant vouloir nous donner une indication mais nos deux cyclistes ne faisait que redoubler d’efforts. Je fini par les rattraper alors qu'ils avaient dû s'arrêter à un feu rouge à un carrefour aux limites de la ville moderne Tulum. Je les retrouvai et leur pointai le groupe loin en arrière qui nous attendait devant le chemin des ruines que nous avion dépassé. Il s’agissait de deux jeunes collégiens italiens qui s’étaient engagés dans une compétition amicale. Ils rirent de bon cœur alors qu’ils reprirent la route en direction opposée, à une vitesse plus modérée. Je regardai mon compas : par rapport aux points cardinaux la position des symboles du disque avait changé, elle s'était presque inversée depuis que j'avais été au delà des ruines de Tulum. Tout en revenant en arrière, je vis la position relative des flèches associée au bacab changer pour maintenir leur orientation constante vers les ruines. C'était absolument remarquable. A l'entrée du site archéologique, le même bacab était irrésistiblement dirigé vers l'océan, vers un point très précis.
Je n'avais jamais vu un compas aussi stable. Je doutais aussi qu'il s'agisse de simple magnétisme. Pour affecter un compas d'une telle façon, cela prendrait un champ magnétique local d'une intensité incroyable qui ne pouvait pas provenir à ma connaissance d'aucun phénomène naturel. J'étais à la fois curieux et excité à l'idée de trouver l'origine de ce phénomène insolite; cela promettait d'être une découverte majeure.
Je fus quelque peu désenchanté en constatant que l’endroit était fortement commercialisé, tout comme Chichén Itza. Il y avait un transport, un tracteur tirant des modules de passagers depuis le stationnement comme un petit train, un grand marché central complet avec ses souvenirs, artisans de métier ainsi que ses vendeurs de « fast food » et de breuvages hors prix.
- Prêts à votre visite de Tulum ? demanda Saul.
Il y eu quelques "oui" timide de la part de l'audience; je hochai positivement la tête. Nous attachâmes et sécurisèrent les bicyclettes ensemble. Saul régla les 37 pesos demandés à l’entrée du site pour chacun de nous et nous le suivîmes sur le trottoir de pierre. Nous montâmes quelque marche en longeant une ancienne muraille et nous retrouvèrent à une intersection où était planté une large carte du site sur une pancarte. L’escalier continuait tout droit mais Saul nous invita à prendre le portail sur notre droite qui s’ouvrait dans le mur. À la sortie du court tunnel nous attendait une vue fantastique : j’apercevais un arrangement de structures complexes et parfaitement organisé, juché entre les bleus du ciel et de la mer. Le mystère du disque de Chibirias m’attendait dans ces ruines blanches noyées dans le soleil et exposées aux vents de la mer des Caraïbes. Malgré l’heure matinale, les ruines grouillaient déjà de touristes. Je me retranchai du groupe et me plaçai en arrière et jetai un coup d’œil discret sur mon compas qui indiquait les ruines sur le bord de l'océan.
Saul attendit patiemment que tous furent de nouveau regroupés commença à dire que chaque année plus de deux millions de touristes foulent le sol de Tulum. Il expliqua que le nom Tulum signifiait « mur » dans le langage maya du Yucatan, un nom qui lui a été attribué au début du vingtième siècle par les explorateurs qui redécouvrirent la ville complètement abandonnée. Ce nom provenait du mur de 3600 pieds de long qui entoure l'emplacement. Il montra la muraille tout autour de la ville à l’exception de son coté est ouvert à l’océan. Il pointa aussi les deux postes de surveillance du côté ouest.
Saul continua en nous disant que quand les premiers espagnols avaient posés leurs yeux sur cet endroit pour la première fois en 1518, il considérèrent cet endroit aussi majestueux et grand que la citée de Séville dans leur pays natifs. Sans doutes les espagnols avaient exagérés dans leur soif d’El Dorado car Tulum n’as nullement la grandeur des grandes villes du monde occidental mais la ville me semblait effectivement magique ainsi perchée sur un falaise de quinze mètres au dessus de la plage avec le vent du large et le bruits des vagues qui se cassaient sur la berge.
Lorsque John Lloyd Stephens a traversé la jungle en 1842 et retrouvé Tulum, il a réalisé que la ville qui avait été abandonnée pendant plusieurs centaines d'années. Il a aussi constaté que l'intérieur et l'extérieur des temples ont été couverts de belles peintures murales. À l'origine les temples étaient peints avec la peinture bleue, rouge, jaune et blanche lumineuse. De nos jours, ces fresques sont devenues fades si bien que peu d’entre elles restent encore évidentes.
La cité de Tulum avait été très prospère avec un commerce maritime avec des canoës géants vers le dixième siècle qui s’étendait au centre du continent Mexicain via les rivières et les lacs, tout le long du Golfe du Mexique et aussi loin que le Honduras.
Tulum était plus ancien que le dixième siècle. Une stèle datée de 564 après Jésus Christ a été découverte dans la ville et il y avait évidence d'occupation trois cent ans avant Jésus Christ. Tulum est d’ailleurs le seul site maya construit ainsi directement sur la mer des caraïbes.
D’où nous étions, une structure imposante dominait le site plus que toute les autres, le Castillo, le château. Le disque pointait dans sa direction générale. Je voulais me diriger vers l’édifice mais Saul nous détourna pour me montrer une plateforme qui avait servie de fondation à une maison.
Saul nous mena ensuite vers la maison de Halach Uinic un bâtiment érigé sur une plateforme, remarquable par ses quatre colonnes. Il était facile d’imaginer qu’en ces lieux s’était dressé une résidence somptueuse il y a plusieurs siècles.
Notre groupe passa ensuite à une structure de plusieurs colonnes auquel il ne restait qu’une pièce encore couverte à l’arrière des ruines. L’architecture de l’endroit était étonnement sophistiqué et valait la peine d’être examinée. Sa structure était digne d’un petit palais moderne dont les quatre chambres avaient leur entrée principale face au sud. On y trouvait encore les anneaux originaux qui avaient autrefois tenu les rideaux aux fenêtres. Six colonnes avaient par le passé soutenu le toit de la pièce principale.
Le Templo de los Frescos (temple des Fresques) était sûrement un bâtiment d’une grande importance religieuse pour la ville. Chacun des coins de la façade du temple affichait le masque qui pouvait représenter Chac ou Itzamna.
Plus remarquable encore étaient les trois empreintes de main rouges, dont deux partiellement superposées près de l'entrée du temple des fresques. Ces mains étaient récurrentes dans les structures mayas que j'avais vues jusqu'ici. Elles me donnaient toujours le frisson en raison de la connexion avec ce guérisseur Inuit et me rappelait aussi ma mortalité.
Ces marques étaient ici l'évidence physique d'une intervention divine. Tout comme l'aurais fait n'importe quel humain, Itzamna avait laissé sa marque pour indiquer à tous qu'il avait été ici. C'est ce que je crû un instant exposé au ardent soleil et à la brise océanique entouré par des touristes tout de sueurs tout aussi intrigués par ces empreintes. Je croyais au mythe. Ces mains : leur seule vue m'immergeait complètement dans l'univers mystique maya, me donnant le vertige en me connectant instantanément dans leur lointain passé. Les empreintes étaient très hautes suggérant que l'être qui les avait posées avait une grandeur surnaturelle. C'est l'impression que j'avais eu aussi en gravant les pas de marches démesurés des temple et pyramides Mayas. Peut-être que le soleil me tapait trop fort, en y repensant logiquement je repensai que ces empreintes avaient été faites sans doute par un être humain normal utilisant une simple échelle, un prêtre voulant marquer ces lieux comme sacrés. Peut-être s'agissait-il aussi du symbole d'une élite cupide et corrompue tentant de manipuler leur congrégation et les masses à leur fournir par leur voeux pieux le jade et autres biens précieux et des volontaires pour leurs sacrifices humains. Après tout, est-ce que la religion Maya était exempte du cynisme de nos grandes organisations religieuses modernes ? La nature humaine étant ce quelle était, je ne pouvais pas m'empêcher de le douter. Je ne connaissais que peu de chose sur les Mayas, mais j'étais certain d'une chose : la religion était le coeur et l'âme de leur civilisation. Encore aujourd’hui les mayas que j'avais rencontrés comme Saul étaient profondément superstitieux et pratiquaient encore d'anciens rites religieux.
Ici, je me sentais, je ne sais comment le dire moi aussi profondément connecté à tout cela. J'avais également de nouveau cette curieuse certitude, celle d'être au bon endroit au bon moment.
Dans ce temple se trouvaient originellement plusieurs sculptures et peintures pour la plus part endommagées ou complètement effacées par les éléments. L’intérieur du bâtiment n’était malheureusement pas accessible. Saul nous décrit que les murailles en partie reconstituées de ce temple dépeignent les dieux mayas ainsi que des symboles de la fertilité de la nature, la pluie, le maïs et les poissons. Il mentionna en particulier une façade peinte en bleue et vert sur un fond noir incluant Chac et déesse Ixchel célébrant des rites dans des décorations florales. J'aurais vraiment aimé voir cette image.
Il y avait aussi au dessus de la porte du temple une figure humaine avec la tête baissée, en signe de révérence peut-être. Pendant que le groupe alla de l’autre côté de la ruelle visiter les ruines de la Maison de Chultun, je pouvais observer encore librement les masques représentant le masque d’un dieu fier, puissant au nez aquilin et menton proéminent découpés dans la pierre sur chacun des coins de la galerie. Ils étaient absolument magnifiques. Je consultai mon compas: son disque était plus stable que jamais. Je me rapprochais donc de la source qui l'influençait.
Nous suivîmes ensuite un petit sentier longeant le mur sud qui montait vers le large.
Nous y avons vu ce qui restait du Temple de la mer. Le temple avait son gardien, un gigantesque iguane qui régnait suprême dans les ruines de Tulum et qui fit le bonheur des photographes. Nous poursuivîmes en suivant un sentier surplombant la mer des Caraïbes sur le bord d’une falaise.
La visite procéda vers le Castillo, le château. J’étais presque au but, je le sentais. Ce château a été construit en plusieurs étapes, à différentes époques sur le bord de la falaise. Hormis son rôle de temple, cette structure avait dû servir de balise ou de phare. Il consistait en une partie centrale ainsi que de deux parties plus veilles consistant en deux plateformes supportant deux galeries avec des toits plats que l’on pouvait rejoindre par un escalier central. Je remarquai des colonnes serpentines dont la tête du serpent servait de base au sol et dont la queue dirigée en l’air et les motifs de serpents à plume qui ne manquait pas de me rappeler Chichén Itza. Nous avons monté à une petite galerie, sur laquelle était centrée un autel, avant de grimper le large escalier jusqu'au dessus du château lui-même. Au sommet du la structure nous attendait une vue à couper le souffle dans toutes les directions.
De l'observatoire, je remarquais trois petits autels pour les offrandes un coin au Nord-ouest. Un de ces autels était garni par des offrandes de fleurs et de fruits.
J’étais nerveux et impatient, je laissai mon compas me guider vers une petite structure. Saul me suivait derrière. J’émis un juron, l’entrée de cette structure était fermée au public. Saul nous présenta le Templo de Las Series Iniciales (temple de la série initiale) un nom donné à ce temple en raison d’un stèle qui y a été trouvée dont la date était 564 selon son épithète gravée dessus. La stèle originale qui avait value le nom à la structure reposait maintenant dans British Museum, à Londres. Tout récemment, une seconde stèle avait été retrouvée et avait été placé dans ce temple. Peu de chose était connu de cette stèle sauf que les experts présumaient qu’elle avait été vraisemblablement amenée à Tulum d’une autre location. Je vis le compas s’agiter à mon approche de ce temple, le disque oscillait. Quelque chose dans ce temple le faisait réagir. J’avais l’impulsion d’y forcer mon entrée. Mais avec Saul et tous ces gens aux alentour cela ne serait pas téméraire mais stupide. Dans ce temple se trouvait la clé du mystère du disque de Chibirias mais il faudra attendre plus tard pour le résoudre.
Je planifiais déjà de revenir au courant de la nuit avec Saul lorsque le site sera fermé et avec de la chance, déserté.
Je sursautai au son de la voix féminine anglophone subitement tout juste à côté de moi.
Je relevai la tête.
- Lilith ! Je ne t'avais pas vu ! Tu fais parti du groupe ?
- Non, je ne suis pas, comment dire, assez une lève-tôt pour cela. J'ai décidé de venir voir les ruines par moi-même et j'ai pris un taxi. Elle ajouta, curieuse :
- Que faisais-tu ? Cet endroit semble t’intriguer ?
La dernière chose que je voulais étais d'attirer ainsi de l'attention sur moi.
Je repoussai le compas plus profondément d ans ma poche et sorti ma caméra.
J’improvisai :
- Je changeais les piles de ma caméra digitale. Elles étaient à plat après une heure. Cette chose mange les batteries à un rythme fou !
Je souriais gauchement comme un imbécile.
Lilith restait impassible. Je tentai une autre approche :
- Le point de vue ici est d'une beauté extraordinaire, je voulais m'en faire un souvenir. Tant qu’à y être, accepterais-tu d’être sur la photo ?
Elle se prêta à l'exercice avec le plus grand des plaisirs en imitant les poses de divas top modèles. Elle n’était vraiment pas modeste cette Lilith. Je la photographiai avec les ruines du Castillo et de l'océan comme arrière-scène.
Je l’invitai ensuite à se joindre au groupe alors qu'il procédait à gauche vers le Templo del Dios Descendente, le temple du dieu descendant. L’effigie de ce dieu inconnu se retrouvait au dessus de la porte de son temple. J’avais d’ailleurs observé la même effigie sur d’autres structures de Tulum.
Il s’agissait d’un être humanoïde ailé, inversé; j’avais tout d’abord l’impression de me retrouver devant l’illustration d’un ange Maya. En regardant de près la position des jambes et ses mains jointes, la tête par le bas, je n’y voyais rien d’autre de quelqu’un qui plongeait. Il était pour moi compréhensible que même un dieu ne pouvait pas résister à l’appel des eaux de saphirs des Caraïbes plus bas. Je regardais le dieu encore une fois en pensant à tout ce que Saul avait dit d’Itzamna. Je regardai discrètement mon compas pendant que Lilith regardais ailleurs. Cette structure était à l’opposé de celle qu’indiquait le bacab du disque. Un seul escalier pénétrait dans le temple qui ne possédait que deux bancs sur les cotés et une petite fenêtre sur le mur arrière.
Le temple possédait selon les descriptions de Rafale une muraille peinte en bon état montrant différentes divinités faisant des offrandes dans un ensemble représentant le ciel de la nuit, vénus, le soleil combinés à des serpents entrelacés. D’autres murailles originales étaient abîmées mais on pouvait encore distinguer les pigments de couleur originaux. Je présumais que ces murs devaient avoir représenté d’autres scènes impliquant des divinités.
La visite se poursuivie à la maison du cenote et Saul nous emmena finalement au temple du vent qui m’éloignait encore plus du point aligné avec le compas. La voix de Saul était éprouvée. Parler de cet endroit lui était difficile et je savais pourquoi. Je le regardai avec empathie. Il m’avait remarqué. Ce monument se trouve érigé sur une plateforme circulaire, elle-même construite sur une élévation naturelle de la falaise de Tulum. Il était supposé que ce temple était dédié possiblement au dieu Chac, celui qui amenait la pluie, Itzamna le roi du ciel ou Kulkucan le dieu du vent.
Saul conclut son exposé en annonçant qu’un projet important venait d'être lancé pour embellir et restaurer Tulum et qu’il y était lui-même personnellement impliqué. Il nous invita ensuite à descendre à la plage et aller se rafraîchir dans l'océan.
J’ouvrai grandement la main et offrit de serrer celle de Saul en le remerciant de cette excellente visite. J'en profitai pour lui refiler ainsi le compas hors de la vue de tous.
- Vous êtes bienvenue Monsieur Michel! répondu formellement mon complice.
Je devinai qu'il était intensément curieux de ce que j'avais découvert ici.
J'aurais voulu ajouter un commentaire mais je jugeai plus sage de ne rien dire. Lilith me talonnait de près. J'empruntai les escaliers et descendit à la plage. Je marchai dans le fin sable chaud et déposai par terre mon sac à dos. Deux maîtres nageurs maintenaient la garde. C'était ici que les Mayas d'autrefois amarraient leurs embarcations pour charger et décharger leurs marchandises avant de repartir vers d'autres eaux et territoires lointains.
Un pélican approcha avec ses ailes déployées rasant les eaux sans effort avant de reprendre de l'altitude. J'enlevai mes vêtements et seulement vêtu de mon speedo, je me lançai dans l'océan. Lilith m'imita et vint me joindre. les vagues y étaient hautes et forte. Je nageai avec elle ce qui sembla lui faire plaisir. Mes deux jeunes italiens s'arrosaient mutuellement et luttaient dans l'eau. Les surveillants sifflèrent pour calmer leurs ardeurs. Je croisai le regard de Saul qui m'observait songeur depuis la plateforme de l'escalier. Après la baignade notre guide nous attendait avec une boisson glacée pour chacun d’entre nous et ainsi tous rafraîchis, nous enfourchâmes nos vélos et reprirent la direction de l'hôtel. Lilith pour sa avait prévu d'emprunter un taxi pour rentrer mais Saul lui avait déjà gracieusement organisé un transport pour retourner à l'hôtel. Nous croisâmes un petit groupe de touriste fraîchement débarqué de leur autobus et qui commençait leur visite. Leur guide salua Saul qui lui rendit le geste tout en souriant chaleureusement. Je n'avais aucun doute que ces gens ressortaient tous absolument émerveillé de ce lieu enchanteur.
Lilith arriva bien avant nous à l'Allure. Elle nous attendait tout près du gymnase ou en fait, plus précisément à vrai dire, c'était moi qu'elle attendait. Je rangeai mon vélo et saluai tout le monde avant de partir.
J'accompagnai Lilith jusqu'à sa chambre qui était sur le chemin de la mienne. Elle m'invita à y rentrer. À ce moment, une femme de chambre l'interpella en lui demandant gentiment si elle avait besoin de service. Elle répondit sèchement "NON" avec une grande irritation ce qui me surprit complètement. Je remarquai le carton "PLEASE DO NOT DISTURB" accroché à la poignée de la porte d'entrée de sa chambre. Je déclinai poliment son invitation en prétextant que nous étions pour nous revoir de toute façon aux abords de la piscine pour un verre ou deux. Je vis de nouveau son air aimable et composé s'effacer et se remplacer par un masque hideux de frustration. Cela me confirma l'impression que j'avais d'elle depuis que je l'avais rencontré pour la première fois : cette femme était bizarre, très bizarre!
