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Lundi 29 juin 2009 1 29 /06 /2009 02:13

Des villageois vinrent à mon aide et je fût amené dans une hutte et confortablement installé dans un hamac. Je me suis endormi. Je me réveillai avec un mal de tête épouvantable. Je touchai ma nuque et grimaçai. Le derrière de mon crâne était sensible, enflé et couvert par une gale de sang sèche.  Mon malaise devait avoir résulté d’une commotion.

Rafaele était assoupis tout près et sursauta à mon premier geste. Je lui souris.

- Je suis désolé; je crois que j'ai gâché ma première impression. Je crois qu'elle a été surfaite !

 

Je tentais de me redresser et tendis la main à Rafaele pour qu'il puisse m'aider. Il recula, il avait peur de me toucher. Je réalisai que je l'effrayais.

Après quelques élans, je réussis à me remettre sur pied.

Je l'approchai. Il m'évita; il était tout craintif à mon égard. Je tentai de le rassurer :

- Bon sang Rafaele, ne soit pas ridicule ! Voyons c'est moi !

 

Il hésitait toujours. Je le comprenais bien. Sur le moment, les manifestations du shaman m'avaient semblées tout ce qu'il y a de plus naturel. Maintenant que je repensais aux évènements passés, à cette guérison miraculeuse du jeune garçon, à cette démonstration spectaculaire de télékinésie et de lévitation, je me sentais tout comme lui complètement dépassé. Je n'osais tenter de formuler une explication rationnelle ou scientifique sur ce qui c'était passé. Qu'il ait guérit cet enfant ne me surprenais pas; j'étais après tout moi-même un de ses miraculés. Mais pour le reste, je ne savais que penser de la lévitation des pierres qui avait été un spectacle de magicien destiné à impressionner les Mayas assemblés. Je n’étais pas certain que le Shaman ait eu l'effet qu'il escomptait.

Une autre chose m'inquiétait aussi, il était indéniable que le Shaman avait été de plus en plus présent; il avait bien démontré sa puissance. Pourquoi maintenant? Était-ce en raison du temps écoulé depuis notre rencontre en territoires Inuit, le fait d'être en terres Mayas ou par l'influence des artefacts ?

 

Je me retournai vers Rafaele. J'étais résolu à briser son appréhension.

 

- Ce n'est que moi ! insistais-je de nouveau en lui prenant sa main récalcitrante et en l'amenant à ma nuque. Je lui fis sentir ma bosse, toucher mon sang coagulé.

 

- Regarde, lorsque que l'on me frappe j'ai mal; lorsque l'on me blesse je saigne. Je suis le même gars que tu as rencontré à l’Allure !

Rafaele retira sa main sans rien dire.

 

Je le regardai avec détresse, j’avais tellement besoin qu'il me croit.

 

- Comment as-tu fait cela ? me demanda Rafaele avec réserve.

- Quoi ?

- Les pierres !

Je tentai de lui expliquer :

- Je n'ai rien fait ! Vous avez vu c'était mon Shaman qui tout fait.

- Nous n'avons vu personne, il n'y avait que toi ! répliqua Rafaele gravement.

 

J'étais désemparé.

-Les enfants l'ont vu ! insistais-je.

- Les enfants ont brièvement aperçu quelque chose qui les a effrayés. Chak, le plus jeune d’entre eux, affirme que c'est bien toi qui lui a imposé les mains et guérit. Tu sais qu'il était paraplégique depuis qu'il avait été frappé par un autobus de touristes l’an dernier ? Personne, même pas les médecins spécialistes de Mérida, ne pouvait faire quoi que ce soit pour lui.

 

Je ne dis rien; je ne savais plus quoi dire. Je mis mon visage dans mes mains et réfléchissais à tout cela. Le Shaman avait agit par mon entremise, en utilisant mon propre corps. Il n'était pas simplement invisible pour ces gens; il n'avait pas de réalité propre. Lorsqu'il se manifestait, il utilisait mon corps et c'était pour moi comme si j'étais mis de côté. Je voyais les choses de l'extérieur de moi-même comme cela était souvent rapporté dans les cas documentés que j'avais lu d'hypnose, de transe et de ...possession !

Je me rapellais ce que le shaman avait demandé à mon chevet avant de mourir:

"Vas-tu m’amener avec toi?". Et je lui avait alors dit oui! Non, je ne pensais pas que j'étais possédé, mais l'esprit du Shaman ou son âme était dans mon corps. N'est-ce pas ce qu'il avait tent  é de me dire la nuit dernière lorsque qu'il m'avait dit que j'étais mort et qu'il remplaçait mon âme? Cette idée bizarre et voir même absurde me rendait extrêmement inconfortable. Elle impliquait que nous étions le Shaman et moi comme deux entités distinctes partageant le même corps physique mais il ne me contrôlait pas plus que je le contrôlais. Il est vrai qu'il n'a jamais vraiment tenté de me dominer; avec les pouvoirs qu'il avait démontrés, je suis certain qu'il en serait capable. Je croyais toujours en sa bienfaisance même s'il était parfois trop impulsif et me mettait dans des situations difficiles comme maintenant !

La voix de Rafael me ramena à la     réalité du moment.

 

- Ils ne savent pas quoi faire de toi, disait-il bouleversé. Plusieurs pensent que tu n’es qu'une supercherie, un mensonge. D'autres pensent que tu es possédé par un mauvais esprit.

Je lui demandai avec appréhension :

- Et toi, qu'est-ce tu crois ?

Il avala sa salive et éclaircit sa gorge avant de me répondre.

- J'ai assisté aux prodiges comme les autres mais contrairement à eux, je te connais. Tu es une bonne personne; tu me l'as prouvé par plusieurs fois.

 

J’émis un sanglot et lui mis ma main sur son épaule avec soulagement. J'aurais été vraiment désespéré si Rafaele ne m'avais pas supporté.

 

Une femme maya entra et nous interrompît. Elle demanda respectueusement :

- Wihech ?

- As tu faim ? me traduisit Rafaele.

Je lui répondis que oui, j’avais très faim et que j’avais surtout soif.

Rafaele dit à la femme :

- Hach wihen; Hach uk’ahen.

Elle revint quelques minutes après avec un plateau remplis de tortillas, d'un bol de potage de maïs, de deux bouteilles d’eau et d'une autre de jus de pastèque.

Rafaele lui prit le plateau en la remerciant cordialement :

-Hatch uts, Net soy !

J’ajoutai mes remerciements en souriant à la dame :

- Dyos bootik !

Elle nous sourit gracieusement et nous laissa.

J’avalai une rasade d’eau qui me fit le plus grand bien.

Rafaele m’imita. Son regard restait fuyant. Il avait une face d'enterrement. Je voyais bien que quelque chose d’autre le tracassais. Je le fixai intensément de mon regard anticipant qu'il finirait bien par révéler ce qui le dérangeait autant.

- Quoi ? demanda Rafaele en me regardant tout en mâchant sa galette de maïs.

 

- Qu'est-ce qui ne va pas encore ?

 

Il mit de côté son pain et railla :

- Mis à part qu'il vont demander à la Croix parlante ce qu'ils doivent faire de toi, que c'est Kan Ek' Tunkuruchu Iki (Sage étoile Hibou lunaire) qui détient les artefacts et qu'il est complément hostile à ton égard, tout va bien !

 

Je ris spontanément. Je ne savais pas Rafale capable d'un tel sarcasme.

 

- Tu ne comprends pas insista Rafaele angoissé.  La Croix a tendance à dire ce que Tunkuruchu Iki veut bien entendre. Pour lui, tu es un effronté, venu exploiter la crédulité des Mayas pour nous voler notre sainte Croix. Il juge que tu es l'abomination la plus dangereuse pour le peuple Maya depuis les Conquistadores ! Il serait capable de demander ton exécution !

 

Je ne riais plus. Après Lilith et Alan en voilà un autre qui me voulait mort. Ces vacances allaient vraiment de mal en pis !  Je lâchai un grand soupir. Je ne devais surtout pas me laisser aller au désespoir.

- Je compte sur mon Shaman dis-je à Rafaele avec foi.  Il m'a déjà sauvé la vie par plusieurs fois; il va nous aider !

 

Surtout, maugréais-je tout bas, qu'il me le doit; il est celui qui a causé tout ces problèmes !

 

-J'espère que tu pourras nous faire un autre miracle, souhaita Rafaele à haute voix. Nous en avons terriblement besoin d’un !

 

Je l'espère aussi ! Il s'agissait pour moi d'une prière.

 

Rafaele se voulut rassurant :

Ne sois pas inquiet ! Je reste avec toi jusqu'au bout. Ils ont accepté que je te serve d'interprète.

 

- C'est bien ! commentais-je l’esprit préoccupé.

J'ajoutai tout bas :

-"Jusqu'au bout...", pour autant que la fin du chemin soit loin !

Rafaele m'avait entendu.

 

- Amen! conclut-il en faisant son signe de croix. Je me demandais laquelle des croix Rafaele venait d'évoquer.

 

Je continuai le repas complètement silencieux, absorbé et distrait. Je n’avais aucune notion du temps écoulé lorsqu'ils vinrent pour moi. Deux hommes me séparèrent de Rafaele qui me cria avec émotion de ne pas m'inquiéter, qu'il s'occupait de ma voiture et qu'il me rejoignait là-bas.

Maudite voiture, je m'en fichais éperdument ! En regardant mes gardes complètement sombres et stoïques, je compris que Rafaele n'avait vraiment pas le choix, pas plus que moi d’ailleurs.

 

Je fus escorté à une camionnette par des mayas armés.  Ils m'y firent entrer. J'étais constamment flanqué par deux hommes. J'avais peur. Je ressentais l'appréhension de l’accusé déjà condamné et amené devant juge et jury pour sa sentence.

 

Nous démarrâmes et partîmes dans la nuit. Nous retournâmes à Felipe Carrillo Puerto que nous traversâmes en direction Sud sur la 307. Sans avertissement nous tournâmes à gauche, vers l’est, sur un petit chemin de terre qui interceptait l'autoroute.  Nous poursuivîmes notre chemin le long de cette petite route sinueuse qui finissait en cul de sac dans un village perdu. Ils me firent débarquer et nous continuâmes à pied dans la jungle noire jusqu'à un cenote ouvert sur le ciel étoilé. Je crû un instant qu’ils étaient pour me jeter dans ce trou béant. Ils m’ordonnèrent de m’asseoir. J’était toujours intimidé par mon escorte mais comprenait qu’ils étaient surtout solennels en respectant un de leur dogme religieux.

De l’autre de côté du cenote, à la lumière des torches, j’aperçu la congrégation religieuse qui s’assemblait. J’aperçu aussi la Croix. Il s’agissait d’un tronc de Ceiba avec deux branches parfaitement perpendiculaires sur lequel une croix était sculptée. Le tronc reposait contre un arbre Ceiba bien vivant. Je comprenais que la scène réunissait plusieurs éléments sacrés pour les Mayas dont le Ceiba et le z'onot. La Croix reposait sur les racines de l’arbre de Vie qui s’abreuvait d’eau sacrée prenant origine dans le monde souterrain où vivait Chaac, le dieu de la pluie. Il était donc facile pour les Mayas d’accepter ici un phénomène surnaturel.

 

Je fus soulagé d’enfin apercevoir Rafaele arriver et me joindre. Nous observâmes une femme qui se prosternait devant la croix après lui avoir fait une offrande.

Rafaele m'expliqua que la Sainte-Croix doit être surveillée et nourrie plusieurs fois par jour. Cette jeune femme représentait Ix Cel, la petite femme de l’arbre, chargée de prendre soin de la relique sacrée. Il ajouta que nous étions gardés à distance de la Croix car nous n’avions pas subits les rites de purification nécessaire. Rafaele relata également que lorsque les Cruzobs célèbrent une "Novenas", une messe, il est coutume d'avoir avant un repas cérémoniel comprenant toujours des tortillas de maïs et, généralement, des tamales, des viandes, des fruits, du poivre, du chocolat, un désert et une boisson alcoolisée.

 

Je reconnu Tunkuruchu Iki dans le groupe de prêtres Mayas. Il présentait nos artefacts à la Croix. 

Une voix se fit entendre. Elle semblait émaner du tronçon de la croix mais il était évident qu’elle provenait d’un prêtre assis sous la croix. Rafaele mentionna tout bas que pour les Cruzobs, la voix de la Croix provenait d’un shaman ventriloque en transe, inspiré par les dieux. Cela s’accordait avec le Chilam Balam, un ancien texte maya, où le Shaman entendait les dieux et transmettait leur voix sur terre. Cet aspect mystique était donc parfaitement acceptable pour les Mayas. Cela m'expliquait aussi pourquoi la voix de la Croix relatait souvent, aux dires de Rafaele, la volonté de ce Tunkuruchu Iki. L'interprète de la Croix pouvait effectivement être influencé par les hommes.

 

Rafaele me fit la traduction au fur et à mesure que l'interprète de la Croix s'exprimait. Je n’aimais pas tout ce qui se disait.

 

«Les Mayas se doivent de reconnaître leur véritable ennemi, l'homme blanc».

 

Étant le seul « homme blanc » présent, j’étais directement visé. Je crispai ma mâchoire et serrai les poings anticipant avec appréhension la suite.

 

 «L'homme blanc avait une dette à payer, et elle a été payé avec la machette - pour le vol de nos terres, pour nous imposer l'esclavage, pour chacun des coups de fouet qu'il nous a donné, pour son impiété à Dieu et à la forêt, et pour avoir torturé et coupé les oreilles de nos grands-pères».

 

Les propos de la Croix semblaient vouloir raviver l’ancienne haine raciale de la guerre des Castes et cela ne présageait rien de bon.  Je priai mon Shaman. Qu’attendait-il pour se manifester ? Il n’avait jamais été timide jusqu'ici. Avais-je tort à son sujet? Avais-je en fin de compte imaginé le Shaman comme tout le reste?

 

« L’homme blanc n’a toujours rien appris. Même encore aujourd’hui, il continue à nous exploiter avec nos femmes et nos enfants, à nous forcer à son service et à son plaisir. Ses pieds foulent nos lieux sacrés en toute impiété. Il continue à violer les forêts et à détruire tout ce qu’il touche. Il vient comme un voleur sous les faux apparats d’amis mais il ne peut tromper notre peuple.»

 

Je ne pouvais renier que ces dires avaient une part de vérité dérangeante mais je n’étais pas dupe pour autant. Je voyais bien qu’ils visaient à me discréditer en raison de ma race. Pourtant, je savais bien d'expérience que l'homme est l'homme, ni ange ou démon mais parfois plus proche de l'un que de l'autre qu'importe la couleur de sa peau.

Je songeai également à Chibirias. Je ne pouvais pas tout perdre, ici et maintenant.  Je n'étais pas pour prendre toutes ces accusations sans rien dire. Je me levai et criai désespérément à mon Shaman en utilisant le nom que j'avais entendu de la bouche de Tunkuruchu Iki :

- Xaman Ek ! Les prêtres sont ici. Si tu as quelque chose à leur dire, dis-le maintenant !

 

Je n'eu aucune autre réponse que celles des prêtres Mayas qui criaient au sacrilège devant mon interférence; j’avais osé interrompre le prêtre de la Croix dans son débit de paroles. Je vis la douleur dans le regard de Rafaele me suppliant de me rasseoir et de ne plus rien dire.  Je voulais tellement qu’ils comprennent que je n'étais pas leur ennemi !

 

Une douce lumière commença à émaner du sommet du Ceiba. Elle baignait toute la scène et semblait sans source distincte. Les protestations furent remplacées par des exclamations de surprise alors que certains d’entre pointaient vers le sommet de l’arbre. Dans cette confusion, quatre prêtres commencèrent alors à parler en cœur, d’une seule voix, coupant le prêtre qui avait parlé avant. 

« Le temps est vivant et comme tout les êtres de ce monde, il est régit par des rythmes et les évènements sont destinés à se répéter. Ces prophéties doivent être considérées comme le message des dieux. Ceci est en mémoire de Hunab Ku, divinité suprême, et de son Fils Itzamna qui est venu dicter ses paroles aux prêtres. Nous sommes prophètes connus sous les noms de chalames Balames, magiciens, interprètes des paroles étant données dans la maison du Chilam. Ces mots sont un avertissement, un conseil et leurs significations sont révélées aux plus sages des hommes ».

Rafaele me traduisit tout ce qui se disait mot à mot. Il semblait déjà connaître ces paroles par coeur.

« Le serpent à plume est une énergie vitale donnant naissance au monde. Il est aussi appelé Canhel, ce qui veux dire serpent ou dragon; il est relié aux eaux primordiales et au plan d'existence original depuis lequel le monde a émergé.

L’incarnation du Serpent est le principe de la génération de l’énergie sacrée qui donne vie perpétuelle au cosmos. L’existence de l’univers suit une loi cyclique de mort et renaissance, de créations et destructions, alimenté par un conflit de forces. Ceci est illustré par la nature des forces divines antagonistes des dieux des 13 cieux qui représentent la vie et de leurs opposés, les dieux des neuf niveaux souterrains incarnant la mort. Les énergies de la vie et la mort, de la création et de la destruction, fournissent la force qui fait tourner le grand cycle de l’univers. Il doit y avoir équilibre dans la dualité».

 

Ce qu’il se disait évoquait pour moi des images, les deux serpents à plumes du mythe de la création présenté à l'Allure. Je comprenais aussi que la dualité des était un concept très prisé chez les Mayas. Cette philosophie n'était pas sans me rappeler le rapport du Yin et du Yang chinois.

 

Les prêtres continuaient :

« Le sang est le principe vital qui unit les Dieux et les hommes. Il est ce qu'il y a de plus précieux dans ce monde. C’est un dû que d’offrir son propre sang aux dieux, il est un affront de voler à un autre ce que les dieux lui avait donné. L’homme blanc n’est pas le seul à avoir fait couler le sang des mayas. Ne blâmez pas non plus les Toltèques ou Nahuas du passé car bien avant eux les Mayas ont marqué le chemin de leur histoire par le sang de leurs frères et de leurs sœurs ! »

 

Leur ton passa au reproche :

« Tout a commencé par la guerre qui était conduite de façon limitée souvent de façon cérémonielle. Les Rois, les k’ul ahaus, ne voulaient que capturer et sacrifier leur rival a des fins politiques et rituelles. Parfois seule la partie d’une citée se retrouvait endommagée et habituellement la destruction se limitait aux palais et quartiers cérémoniaux, laissant une blessure ouverte dans le coeur de la ville qui souvent n'y survivait pas. La convoitise malsaine de ressources a poussé les villes à conquérir un voisin plus faible ou à augmenter l’exploitation de ses citoyens les plus pauvres. Ceci a initié une escalade avec des guerres devenues plus fréquentes, intenses, mortelles, destructrices et de moins en moins retenues par des principes honorables entraînant la déchéance de toute notre civilisation. Pourtant, ceci n’était pas la voie enseignée par le premier Shaman, le grand Guérisseur oublié par les grands prêtres Ahaucans qui avaient déjà reniés les anciens dieux pour adorer le Kukulkan amené par la ville du chemin des dieux, aussi appelée la grande place des roseaux.»

Rafaele avait les yeux grands ouverts. Je voyais bien qu’il était absolument fasciné par ce qu’il entendait.

Il ajouta tout bas : Ils parlent de Teotihuacán !

 

J’avais déjà entendu ce nom auparavant en association avec la ville de Mexico.

 

Les voix de la croix poursuivirent leurs reproches :

« Rappelez-vous des rivalités de Tikal et Calakmul qui ont entraîné et dévasté tout une région avec elles. Rappelez-vous de Lune Double, le Seigneur Cacao, Hasaw Chan K'awil, Ah Kakaw et Roi de Tikal.  Il a finalement défait la ville de Calakmul et en a sacrifié son roi, son propre frère, en le décapitant et lui arrachant publiquement le cœur. Il a complètement saccagé la ville de son frère rival. Bien qu’il ait restauré pendant un temps le pouvoir de Tikal, son pouvoir a été stérile car avec sa mort, Tikal est morte aussi !  Cancuén aussi a été décimée et sa noblesse massacrée. Rappelez vous aussi de Mayapán !  Mayas contre Mayas se battant entre eux comme des Chichimèques enragés !  Palenque, Yaxchilan: des grandes citées anciennement fières qui sont toutes en ruines et oubliées tout comme Uxmal, Sayil, et Labna.

 

Le peuple du Maïs a abandonné tous ses droits sur ces citées et c’est la jungle qui les a réclamée ! La venue de l'homme blanc n'a pas causé la chute de notre peuple; les mayas étaient tombés bien avant eux. Alors que les hommes blancs bâtissaient des maisons sur leurs terres, les enfants des Xius et des Iz'as continuaient toujours à se faire la guerre. C’est pourquoi il y a eu la Croix, car seule sa Voix a réussie à unir notre peuple divisé afin de prévenir son éradication et lui redonner un avenir. »

 

Cela engendra des murmures concernés dans le groupe de Mayas. Je voyais que Rafaele aussi était impressionné. J’avais pour ma part la chair de poule.

 

Les prêtres parleurs reprirent leurs sens, incrédules. Les mayas entamèrent une discussion passionnée départageant les mayas en deux camps. Certains d'entre eux étaient évidemment choqués de s'être ainsi fait sermonnés et accusaient les prêtres parleurs de duplicité et de complicité avec moi.


Ceiba par CM Sims260ANS126DSCN7336 par David Ducoin
Mayan ceremony par susannah78
mayan ceremony par orcagirl
La Conquista par vicos.Fernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
El henequén par vicos.Fernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
Venta de indios par vicos.Fernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
Pacheco Mural: Subjugation of the Maya par cpence
Fernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
Vicente María Velázquez par vicos.Fernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
Fernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
Pacheco Mural Detail - The West par LemurlingFernando Castro Pacheco (Mérida, Yuc. 1918 - ). Mural en el Palacio de Gobieno, Mérida, Yucatán, México.
Roxanne 165 par roxannesmee

 

 

Par A. Saint
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