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Mercredi 30 décembre 2009 3 30 /12 /Déc /2009 02:27

Il était déjà près de quatre heures lorsque nous quittions le musée. La pluie avait cessé de tomber alors que nous revenions en ville.

Rafaele me sembla quelque peu songeur. Je lui demandai :

 

-           Tu as aimé la visite?

 

Son visage s'alluma d'un grand sourire.

-           Si, beaucoup! Je me suis rendu compte qu’à force de voir les mêmes ruines tous   les jours comme celles de Tulum ou de Cobá, il est facile d'oublier de les voir, de vraiment les regarder; tu comprends?

Il est facile d’oublier alors de les apprécier;  de devenir insensibilisé concernant leur importance et leur signification. Pour moi, avoir ainsi découvert de nouvelles ruines et en revoyant ce dont mes ancêtres ont été capables, me redonne un regard neuf, réveille mon sens d'émerveillement.

 

Je le comprenais parfaitement ;  ce que je ressentais était semblable. J'étais sastifait de lui avoir fait partager cela. Avant que je puisse dire un mot, il ajouta:

 

-           Tu sais, aux États-Unis, je n'étais qu'un réfugié. J'y ai grandi ne pouvant qu'espérer que de devenir là-bas un citoyen de deuxième classe. Ce n'est que      lorsque j'ai appris sur les Mayas et qu'ils étaient mes ancêtres que, pour la toute    première fois, j'étais fier de qui j'étais et  me savais l'égal de n'importe quel autre homme. Aussi à la vue de leurs accomplissements, j'ai réalisé que rien n'est  impossible à réaliser.

 

Je comprenais mieux ce qui avait amené et motivé Rafaele à venir au Yucatan pour étudier l'archéologie.

 

Il pausa sa marche et me dit, avec une petite gêne, main dans les poches:

-           Il n'y a pas un jour où j'oublie de rendre grâce au ciel pour tout ce qu'il m'a donné dans ma vie: une nouvelle famille, des amis fidèles et pour toutes les choses que j'ai vu, ...et même pour toi!

 

Il m'avait, je ne sais pas pourquoi, mentionné avec gêne, comme une arrière-pensée. Il semblait craindre ma réaction.

 

Je lui rendis la pareille le plus sérieusement du monde:

-           Je sais que je me répète, mais je ne sais trop quel dieu invoquer, mais je remercie ma bonne fortune de t'avoir rencontré; je ne sais pas ce que je serais devenu sans toi!

 

Il était visiblement heureux de ma réponse.

Nous fûmes accueillis par le son de la joyeuse musique marimba qui s'élevait et résonnait le long des rues étroites pavées de pierres, bordées par différentes résidences, édifices publics, nombreux cafés, restaurants et hôtels tous aussi colorés. Les voix animées des citadins occupaient la plazza centrale devant la magnifique Église coloniale toute blanche. Différents petits kiosques touristiques étalaient divers artisanats locaux, des sculptures en bois et en pierre, des poupées peintes fabriquées à partir d'épis de maïs, différent objets de cuirs soigneusement travaillés. Il y avait aussi des colliers, bracelets et bagues en argent ornés de pierres semi-précieuses. Je trouvais la ville de Copán intime, amicale et vibrante de couleurs chaudes.  Dans l'air s'entremêlaient les humeurs tropicales mouillées et  les senteurs de viandes épicées, fèves mijotés et de tortillas frais grillé. Cela me rappela que j’avais faim.

Nous nous arrêtâmes donc au petit restaurant Pupusa Mary réputé pour offrir les meilleurs mets typiques de la ville de Copán dont ses fameuses soupes et pupusas garnis. Nous y avons bien mangé et bu. C’était bon d’enfin  relaxer et de reprendre des forces. Vraiment cette journée avait été jusqu’ici merveilleuse, presque magique. À notre sortie du restaurant, nous attendait une pluie intense. Rafaele rigolait et dansait sous la pluie. Il était parfaitement heureux comme je ne l’aurais jamais imaginé et c’était contagieux. C’était un de ces rares moments qui vous semble parfait dans votre existence ou vous vous oubliez complètement pour vivre totalement consacré l’instant présent.

 

Nous avions à peine franchi la porte de l'hôtel lorsque Mercurio vint à notre rencontre d'un pas décidé. Il était évident qu'elle nous attendait impatiemment depuis un bout de temps. Nous la saluâmes. Rafaele la questionna sur leur progrès à la tombe. Sa question sembla quelque peu désarmer l'initiative de Mercurio. Elle répondit qu'ils avaient déjà commencé à remblayer les excavations en après-midi jusqu'à ce que la pluie ait forcé l’interruption de leurs travaux. 

 

Sa réplique me sembla distante; elle n'était définitivement pas la même femme sans son sourire habituel.  Je devinais en elle de la frustration. J'avais raison: Mercurio nous confronta aussitôt directement et sans détours :

 

-           Qu'êtes- vous vraiment venus chercher ici?

 

Rafaele et moi nous regardâmes; nous ne savions quoi lui répondre. Nous tentâmes de jouer les innocents tout en cherchant quoi lui dire. Mercurio n'était pas naïve: elle répéta mots pour mots tout ce que j'avais murmuré à Rafaele lorsque nous étions au tombeau.

 

Je réalisai que Mercurio était devenu un problème tout aussi sérieux et qu'épineux. Je regardai Rafaele qui était tout aussi embarrassé que moi. Il fallait lui répondre; que pouvions nous lui révéler?

 

Nous fûmes interrompus par le concierge qui me pria de me présenter immédiatement à la réception. Il était très solennel et sérieux. J'en profitai pour m'excuser auprès de Mercurio et suivit le concierge au comptoir.

 

J'étais très mal à l'aise, je craignais un autre problème. Était-ce à cause de la carte de crédit que j'avais utilisé? Je tentai de me rassurer. Ma carte était toujours valide et j'y avais même avancé des fonds. Qu'est-ce que cela pouvait être d'autre? Je n’avais aucune idée de ce que devais anticiper. J'arrivais au comptoir et ne tarderais pas de toute façon à le savoir.

 

Le préposé avait un sourire nerveux. Il était visiblement tout aussi inconfortable que moi alors que le concierge nous surveillait attentivement.

Il commença à dire gravement:

-           Monsieur Michel, une femme s'est présentée comme étant votre  épouse cet après- midi. Elle désirait avoir accès votre chambre.

Je l’interrompis :

-           Je ne suis même pas marié!

 

Le préposé sembla soulagé.

 

-           Nous lui avons refusé l’accès à votre chambre et encore moins révélé numéro de celle-ci. La dame avait été très convaincante et insistante, nous craignions d’avoir peut-être mal agis.

 

-           Vous avez très bien fait! Je n'attends personne!  leur confirmais-je.

 

J'étais songeur. Je craignais ce que cet incident impliquait. C’est avec angoisse, la gorge nouée que je demandai au préposé:

 

-           Décrivez-la-moi!

 

Je craignais la réponse à ma question.

 

-           Une belle femme aux cheveux roux et aux yeux verts. Il y avait quelque chose d'inusité: elle portait de longues manches et des gants malgré la chaleur et   l'humidité.

 

Cela confirma ce que j'appréhendais plus que tout: Lilith m'avait retrouvé!

 

-           Où est-elle? questionnais-je empressement.

 

Le concierge me répondit:

-           Nous l'avons invité à vous attendre au Lobby mais elle n'y est jamais restée. Elle a été trouvée avec un autre individu en train de flâner dans l'hôtel cherchant à entrer dans des chambres; nous avons dû les expulser.

 

-           Vous avez très bien fait. En avez vous avisé la police? questionnais-je.

 

-           Est-ce bien nécessaire Monsieur? me demanda le concierge

 

Je lui affirmai avec beaucoup de conviction:

-           Oui  j'en suis certain! Ce sont des criminels dangereux recherchés au Mexique.

 

Je m'empressai de les quitter; je voulais alors immédiatement vérifier la chambre.

J'accrochai Rafaele au passage qui était toujours accaparé par Mercurio.

 

-           Ils sont ici! lui dis-je urgemment.

 

Il regarda aussitôt nerveusement tout autour de lui.

 

-           Comment nous ont-ils retrouvés? souffla-t-il avec inquiétude.

 

Je n'en avais pas la moindre idée ! Chose certaine, il ne s'agissait pas de coïncidence. Je m'empressai de monter à notre chambre en enjambant plusieurs marches à la fois. J’atteignis le pas de la porte. Je vérifiai qu'elle était verrouillée. J'ouvris la porte. Je fus soulagé de trouver la chambre vide et tranquille. J'inspectai rapidement les lieux. Les lits avaient été faits, des serviettes fraîches ajoutées à la salle de bain. Tout le reste était à sa place exactement comme je me rappelais de l'avoir laissé, incluant le contenu du coffre de sécurité.  Il n'y avait aucune évidence d'intrusion autre que le ménage de la femme de chambre. J'étais rassuré; je ne croyais pas que Lilith ait eu le temps d'atteindre la chambre. J'avais de toute façon gardé sur ma personne tout ce qui était le plus précieux.

 

Rafaele arriva et répéta depuis le pas de porte:

-           Ils nous ont retrouvé mais comment? Ils n'ont pas pu nous suivre à la trace quand même!

 

Sa voix était empreinte de crainte et de peur.

 

Une autre voix, exaspérée celle-là, se fit entendre.

 

-           « Ils » : de qui parlez-vous enfin?

 

Il s’agissait de  Mercurio qui n’avait pas lâché Rafaele d’une semelle.

 

Je fis signe à Rafaele qu'il pouvait parler et lui expliquer. Pour ma part, Mercurio ne me préoccupait pas. Elle était à mes yeux une nuisance. Le vrai problème est que Lilith, Alan et les siens, nous avaient encore retrouvés. Je réfléchissais à ce que Rafaele m’avait dit. Il avait tort ; l'évidence était au contraire que Lilith et ses gens étaient effectivement capables de nous suivre à  la trace! Il fallait savoir comment : autrement, nous n’avions aucune chance de compléter notre quête.

 

Mon regard croisa le GPS que Rafaele avait remis sur la table. Cela m’inspira : et s’il s'agissait de technologie, d’un appareil qui agissait comme un traceur donnant constamment ses coordonnées ? Si tel était le cas, où cette chose était cachée?

Je savais que Lilith et son frère avait fouillé ma chambre à l'Allure ce qui leur avait donné amplement l'occasion de planter un mouchard électronique dans mes effets personnels. Mais si cela  était vraiment le cas, Lilith aurait dû directement trouver notre chambre sans la rechercher comme elle l’a fait. Même simple, un mouchard avec la technologie d’aujourd’hui était capable de beaucoup de précision.  Ce n’était donc pas cela. Je refusais tout de même de rejeter complètement cette idée qui collait trop bien aux faits que je connaissais. Lilith m’avait suivie partout à Cobá, Tulum, sur la plage, dans ma chambre et jusque dans le sauna. Elle semblait savoir où j’étais en tout temps. 

Les hommes de Lilith m’avaient retrouvé à Chichen Itza, Xel-Ha et même dans le sud du Yucatan. Ils avaient par contre été incapables de nous retrouver lorsque Rafaele et moi nous étions réfugiés dans le cenote. Pourquoi ?

 

Je me mordis la lèvre. Il était évident qu’il n’y avait qu’une chose commune dans tout cela, moi ! C’est moi qu’ils détectaient ; le traceur devait être sur moi ou en moi et cela n’était pas si ridicule que ça comme idée !

 

Je remémorai mes premières visites nocturnes au Yucatan  par ces êtres étranges qui étaient les Dzolobs. Je me rappelais de leurs tests, de leurs procédures quasi-médicales. Lilith et les siens devaient être leur serviteurs.  Que m’avaient-ils fait? J’étais stupéfait, choqué, paniqué. Je mettais toute notre  mission en danger.

 

J’étais complètement absorbé et Rafaele m’appela plusieurs fois pour me sortir de ma torpeur. Il voulait que je porte attention à Mercurio qui s'adressait à moi.

 

-           Si je comprends bien, nous disait-elle de façon pompeuse, un groupe organisé de chasseurs de reliques aurait été surpris en pleine nuit en train de faire des excavations clandestines dans un des sites les plus populaire et touristique du Mexique et ils seraient selon vous maintenant à Copán...

 

Elle conclut avec un sarcasme incisif qu'elle n'avait pas encore vu le mémo de l’INAH publié là-dessus.

 

J’aurais voulu qu’elle parte. Je n'étais vraiment pas d'humeur à supporter des railleries. Je m'adressai sèchement à elle:

-           Vous avez voulu savoir, maintenant vous savez!

 

Elle roula ses yeux; il était évident qu'elle ne croyait pas un seul iota de ce que nous lui avons dit. Quelles grandes stupidité et arrogance, songeais-je en  la regardant.

 

J'explosai:

-           Rafaele est ici, assigné à cette affaire, en tant que le représentant désigné par       l'Ordre de la croix parlante et en raison de l’importance et du caractère sacré de Tulum pour eux.

 

Elle comprit l’allusion et se tourna et regarda Rafaele différemment. Je n'avais pas encore fini avec elle :

 

-           Et ne faites pas l'erreur de prendre ces gens à la légère Madame Mercurio;  ils sont très dangereux. Ils ont assassiné un couple de Canadiens innocents à notre hôtel  juste parce qu'ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment !

 

Je repris mon souffle. J'avais disjoncté et j’avais parlé avec colère. Rafaele me regarda avec stupéfaction.

 

Le visage de Jillian changea ; il devint sombre.

 

-           J'ai entendu parler de ce couple; ils ont été massacrés dans leur chambre d’hôtel; cela a fait les premières pages des journaux et présentés au bulletin   d’information.

            C'était à la Riviera Maya, tout près de Tulum ! C'est de là que vous venez, réalisa-           t-elle. Vous y étiez vraiment lorsque c'est arrivé?

 

C’est avec un grand chagrin que lui répondit :

-           J’étais là quand ils ont ouvert la chambre et découvert les corps. Cela était tout    juste  après qu’ils m’aient torturé et presque tué.

 

Je revoyais vivement de toute l’horreur de cette journée. Je ne pouvais plus endiguer ces images et ces souvenirs.  Ma voix s’étrangla; je ne pouvais plus parler.

 

Mercurio me dévisagea. Elle voyait bien que ma détresse était sincère.

Elle redemanda à Rafaele:

- Tout est vrai? Tout ce que tu m’a dit est vrai ?

 

Ce dernier lui répondit simplement "oui". Son regard était franc, intense et ne laissait aucune place au doute.

 

-           Que sont-ils venus faire ici? vociféra Mercurio.

 

-           La  même chose qu'à Tulum ! appréhenda Rafaele.

 

Je baissai les yeux, je savais qu’il avait raison. Mercurio aussi avait fini par le croire. Elle demanda la permission d’utiliser notre téléphone. Je lui donnai l’appareil. Je compris qu’elle contactait sont ami son ami Maca afin de lui suggérer d’augmenter la sécurité du site archéologique.

 

Elle termina son appel et après avoir raccroché, elle nous demanda :

 

-           Comment saviez vous qu'ils viendraient ici?

 

Je lui répondis :

-           Parce ce  qu'ils nous suivent. Ils recherchent la même chose que nous. Quant à ce qui nous a amené ici...

 

Je sortis l'artefact de Chibirias. Rafale me regarda avec appréhension, il n'était pas certain que c'était une bonne idée. Moi non plus, je n’en étais pas certain ; mais si jamais j'étais contraint à abandonner la quête, j'avais besoin que quelqu'un d'autre soit informé de ce qui se tramait, quelqu’un de capable de la poursuivre et la compléter. J’en croyais cette Mercurio capable. Je ne voulais pas qu'incombe uniquement à Rafaele tout le fardeau de cette aventure si je n’étais plus là.

 

Mercurio leva ses lunettes et examina le disque que je lui avais présenté.

-           Qu'est-ce métal? Il est rouge! Je n'ai jamais rien vu de semblable. Cette écriture   sur le disque: je crois que c’est maya mais cela semble différent d'une certaine           façon ! Les glyphes sont détaillés et complexes; j'ai l'impression qu'il s'agit peut-  être d'une écriture plus ancienne que la période classique. C'est curieux: cela        m’est familier mais en même temps, je ne peux en faire aucun sens. Vous avez   décrypté ce texte?

 

Rafaele lui reprit le disque entre ses doigts en lui disant:

-           Ce sont le nom de divinités, celles du ciel et de la terre. Maintenant regarde!

            Il déposa le disque sur la surface d'un verre d'eau qu'il venait se verser. Le disque oscilla un moment avant de trouver son orientation.

 

-           I do not fuckin’ believe it! commenta Mercurio à voix haute.

 

Il retoucha le disque en tentant de le perturber mais dès qu’il le laissa tranquille, il reprit son alignement. Même après tout ce temps, je devais admettre que je restais moi aussi toujours aussi impressionné devant ce phénomène.

 

-           C'est absolument incroyable! Tu avais raison rajouta-t-elle à l’attention  de Rafaele avec enthousiasme : ils (les mayas) ont déjà navigué avec le compas !

 

 

Le téléphone sonna. Je répondis. C’était Maca. Il était inquiet et me demanda de lui passer Jillian (Mercurio).

 

-           Tu lui fais confiance? demandais-je à Rafaele au sujet de Mercurio pendait qu’elle parlait avec Maca.

 

-           C'est une femme intègre, une experte. Oui je lui fais confiance ! confirma Rafaele.

 

Je conclus:

-           Et moi j’ai confiance en ton jugement !

 

Il me remit le disque que je rangeai.

 

Après quelques secondes d’échange, j’entendis Mercurio dire à son interlocuteur :

-           Continuez  d’essayer de le rejoindre; ce n’est probablement rien ! Il est juste sorti !

 

Mercurio se faisait rassurante au téléphone mais lorsqu’elle raccrocha, elle était au contraire soucieuse.  Elle nous confirma ce que nous avions déjà deviné ; Maca avait été incapable de rejoindre le gardien du site. Cela n’augurait rien de bon. Je craignais que Rafaele ait bien raison; ce qui était arrivé à Tulum se répétait ici.  

 

-           Allons jeter un coup d’œil là-bas, voir si tout vas bien! proposa Rafaele

 

Mercurio et moi étaient bien de son avis.

 

Nous descendîmes au lobby. La police venait d’arriver. J’étais en hâte de partir, mais le concierge m’intercepta pour me rappeler qu’ils étaient ici à ma demande.  Je grimaçai; je devais m’en occuper.

 

-           Ne m’attendez pas ; allez voir ! Je vous suivrai dès que possible Ne prenez pas de risque inutile, si vous voyez quoi que ce soit d'anormal, revenez  immédiatement ! N'investiguez pas plus. C’est le job des policiers!

 

-           Oui pépé ! répliqua Rafaele en me taquinant.

 

Je laissai donc Rafaele partir avec Mercurio. Je les vis prendre un Taxi, s’expliquer pendant une minute avec le conducteur incrédule et obstiné qui leur rappela plusieurs fois que le parc était fermé pour la nuit.

 

J’allai me présenter aux officiers. Je leur parlai de Lilith et de son frère, les mandats de recherche qui les impliquait au Mexique. J'ai même répété et épelé leurs noms.  Je leur donnai les coordonnées de Morales que j’avais conservées dans mon portefeuille à des fins de vérifications. Ils étaient trop polis. Ils ne réagissaient pas attendant patiemment leur confirmation. Je voyais bien qu’ils doutaient de mes histoires abracadabrantes ou ils étaient franchement dépassés par ces évènements inhabituels. J’avais aussi un mauvais pressentiment. Plus de quinze minutes s'étaient écoulées.  Le voyage au site archéologique ne prenait que cinq minutes en voiture. Rafaele et Mercurio auraient dû être revenus à moins qu’ils aient décidé de bien tout inspecter.

 

Le policier informa qu’ils avaient des problèmes avec le fax, qu’ils devaient retransmettre de nouveau leur perquisition.

J'en pouvais plus. J’étais stressé alors qu’eux prenaient tout leur temps. Je pensais à Rafaele et à Mercurio; leur était-il arrivé quelque chose ? Est-ce que tout allait bien aux ruines ?

 

Impatiemment j’annonçai aux policiers que j’allais vérifier si mes amis au parc archéologique allaient bien. Je n’attendis pas leur réponse. Ils ne réagirent pas, ils ne firent rien pour s’interposer. Je quittai le hall de réception de l’hôtel et parti courir dans la pluie battante. Les rues de Copán étaient mortes et désertes. Au-delà des limites de la ville, je franchis un épais rideau de pluies ténébreuses. Je me hâtai, m’ordonnant d’aller de plus en plus vite.

Par A. Saint
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