Partager l'article ! Partie 14.2: J'étais incertain concernant une voix, je l'entendais à peine. Cette voix, était-elle féminine? Elle était amèrement déç ...
J'étais incertain concernant une voix, je l'entendais à peine. Cette voix, était-elle féminine? Elle était amèrement déçue.
- You are sure it is here? Damn! This has just been opened recently! That is a bad omen.
- Wait! Look at this! Fresh footprints here and paw prints side by side! A jaguar! It must be huge!
Je souris et pleurais presque de joie aux intonations de cette deuxième voix. Je reconnu la voix mystifiée de Rafaele. Je m'efforçai de me calmer et d'avancer de façon désinvolte vers l'entrée et parvint à leur dire sur un ton moqueur et baveux:
- Hé bien! Vous en avez mis du temps !
De voir leur gueules d'abrutie complètement abasourdie en avait valu la peine mais cela ne dura qu'une fraction de seconde. Rafaele se rua sur moi et me serra en hurlant de joie.
Il réalisa mon inconfort et remarqua inquiet la tache de sang sur mon ventre. Je lui assurai que ce n'étais qu'une égratignure.
- Nous nous sommes assuré que nous n'étions pas suivis! Ils ont subitement abandonné la poursuite mais nous en voulions en être certain! expliqua Mercurio qui était elle aussi contente de me voir.
Ils avaient abandonné leur poursuite ? Je me demandai pourquoi ? Est-ce que cela avait un rapport avec les trois morts ou la perte de mon signal de mouchard? Qu’importe, cela ne présageait rien de bon !
- Comment as-tu trouvé cet endroit? me demanda Rafaele intrigué. Nous avions le compas pour nous diriger mais toi? Comment as-tu su où aller?
- J’ai un nouvel ami m'a aidé! C'est la chose plus extraordinaire qui m'est arrivé jusqu'ici ! répondis-je avec enthousiasme. Mais avant que je raconte, allez à l’intérieur. Vous n’avez encore rien vu !
Mercurio fut le premier à pénétrer. Nous l’entendîmes crier : « Sweet Jesus! »
Elle en avait le souffle coupée pendant plusieurs minutes alors qu’elle examinait les fresques que j’avais nettoyées. Elle commença par dire qu’il n’y avait qu’un endroit au monde où elle avait vu quelque-chose de semblable : sur les lieux d'une ancienne cité Maya à San Bartolo dans les basses terres du Nord-est du Guatemala qui avait été découverte en 2001. Elle y avait travaillé au projet d’excavation.
- Le tout est d’une beauté à vous couper le souffle ! commenta Rafaele.
Mercurio continua de son côté son évaluation, absolument extatique. Selon elle la peinture murale semblait contemporaine à celle San Bartolo. Elle en avait le même style. Cela voulait dire que ces fresques étaient vieille de plus de 2100 ans, ce qui prouve que les histoires de création et du règne des rois — de même que l’usage d’une forme d’art élaborée pour les raconter — étaient bien établies chez les mayas il y a plus de deux millénaire, précédant de plusieurs siècles ce qui avait été trouvé cru à ce jour. Pour elle cette trouvaille jetait une nouvelle lumière sur tout ce qui était connu des origines, de l’art, de l’écriture de la civilisation maya. Cela confirmait pour elle que San Bartolo n’était pas une exception. Il existait bien sûr des traces de d’autres peintures murales notamment à Tikal et à Uaxactûn tout deux au Guatemala mais en comparaison, la murale de San Bartolo et celle que nous venions de découvrir est bien mieux préservée et plus finement exécutée et travaillée.
- On y voit des dieux et toute une grande saga, et manifestement, les Mayas de cet époque maîtrisaient une forme d’art et d’écriture avancée, expliqua-t-elle en pointant les glyphes stylisés. Toutes ces choses étaient auparavant attribuées à la période classique de l’histoire Maya, alors qu’il est maintenant évident qu’elles étaient déjà établies au cours de la période préclassique.
Elle ironisa :
- Si l’on veut parler d’origines pour les Mayas, il faudra désormais reculer encore plus loin dans le temps !
Je me rappelais de mes lectures que la période classique des mayas a été fixée entre 250 et 1000 de notre ère. Le préclassique se situe entre 2000 avant J.-C. et 250 de notre ère.
En reprenant une profonde respiration, Jillian réitéra qu’avant la découverte de San Bartolo, les chercheurs croyaient que la peinture et l’écriture sophistiquées des Mayas n’avaient pas été établies avant le septième siècle, une époque contemporaine de la muraille de Bonampak. Trouver d’autre fresques ici prouve que ces formes d’expression existaient depuis bien plus longtemps que nous le croyions chez les mayas et qu’elles font preuve d’une sophistication absolument impressionnante de la part des anciens Mayas!
Elle commença à prendre plusieurs clichés sur sa caméra digitale.
Pendant ce temps, Rafaele méditait intensément sur les peintures. Il semblait obsédé par l’une d’elle, celle où Itzamna était montrée dans l’arbre de la vie central et qu’il offrait le sacrifice de son sang alors que ses fils faisaient une offrande unique sous chacun de leurs arbres. Je connaissais Rafaele, pour deviner qu’il était émotionnel et particulièrement tourmenté par cette image.
Je lui pris la main et lui demandai :
- Qu'est ce qu'il y a?
- Cette image me rappelle un rêve. Ils y étaient quatre, le rouge, le jaune, le noir et le blanc entourant un puits sans fond qui devint un arbre. Ces baccabs, c’étaient nous : tu étais là, Ah Hulneb ainsi que cette femme et moi. Je n'y avais pas repensé depuis, mais cette image m'a rappelé cette vision. Je vous ai tous vus, avant même que nous nous soyons rencontrés. C’était en juillet la journée de la mort de Papah avant même que l’on se voit !
Il me décrit exactement Chibirias dans les moindres détails. Il n'y avait aucun doute, c'est bien elle qu'il avait vu.
- Qu'est ce que cela veux dire?
- Que Papah serait fier, tu es effectivement un grand Chilam Balam.
- Papah !
Les yeux de Rafaele s’ouvrirent tout grand dans un éclair de compréhension. Il mentionna à Mercurio et à moi tout excité :
- Regardez ! La première partie de la murale montre l’établissement de l’ordre dans notre Monde. Ces murailles sont en fait un livre illustrée d'histoire. C’est un Codex qui a été transposé sur les murs de ce temple. Il y a des éléments classiques au Popol Vuh concernant les genèses et destruction du monde et du Chilam Balames concernant la dernière création. Je connais bien cette histoire. Papah me l’a racontée plusieurs fois.
Il sortit un livre de son sac. Il entama sa lecture avec grandiloquence :
« Hunab Ku, le père d’Itzamna, était le Grand dieu créateur qui reconstruit le monde après les trois grands cataclysmes. Au commencement de toutes choses, à la première aube, les pensées et le verbe Hunab Ku prirent substance en de grands serpents précieux. Gucamatz Tepeu et Gucamatz Huracan par seulement une de leur parole créèrent la terre. Les montagnes s’élevèrent et les eaux se partagèrent et ils donnèrent toute vie et fécondèrent toutes les plantes et les animaux de la terre, du ciel et de la mer. Ils étaient heureux de leur œuvre mais restaient partiellement insatisfait. Gucamatz Tepeu et Gucamatz Huracan demandèrent au plantes les plantes et les animaux de leur parler et de leur rendre hommage à leurs créateurs, mais ils entendirent seulement les cris sauvages que font les bêtes. Ils étaient sans intelligence et ne pouvaient parler. Il leur était clair que cette création n'était pas suffisante et qu’une nouvelle était nécessaire.
Dans la création suivante, ils ont été rejoints par d'autres dieux qui modelèrent l’humanité à partir d'argile et de boue, mais ces premiers essais spécifiques à créer des êtres sensibles
ont échoués. Bien que ces créatures ont bâties des villes dans l'obscurité (il n’y avait ni soleil ni lune encore, pour éclairer la terre), ils ne pouvaient parler (même si ils essayaient. Ces
hommes d’argiles se dissolvaient dans l'eau ou se brisaient d’eux-mêmes lorsque leurs corps s’immobilisaient et séchaient. Les Mayas nomment ces entités les Saiyamkoob.
Une autre tentative de création a été tentée lorsque plus de divinités ont été appelées à la tâche. Alom, Bitol, et Tzacol étaient parmi eux. Ils sculptèrent des figurines de bois et leur
ont infusée avec la vie. Ils ne se dissolvaient dans l’eau et ils pouvaient parler. Mais ils ne faisaient que errer sur la terre, sans autre préoccupation que leur existence individuelle et
leurs paroles étaient absurdes et sans louange. Les dieux étaient irrités par cela et détruisirent la plupart de ces gens, que les Mayas appellent Tsolob. Certains ont survécu à la destruction
par Alom et ses démons et ces survivants peuvent être vus aujourd'hui dans la forêt, ce sont des singes.
Une création finale a eu lieu au cours de laquelle plusieurs divinités se scindèrent en plusieurs autres dieux pour augmenter leur nombre. Alom se divisa engendrant, en plus de lui-même,
Hunahpu-Guch. De Tzacol émergea Ixpiyacoc. Bitol dona naissance à Ixmacane. »
Je considérai ce passage particulièrement intéressant : il confirmait que les dieux anciens n’étaient pas sexués et se reproduisaient par une espèce de mitose. L’idée de la procréation et de la sexualité devait donc venir plus tard dans la mythologie Maya avec Itzamna et Ixchel.
Rafaele continuait sa mélopée avec encore plus d’intensité et d’émotion :
« Dans cette dernière création, les créatures sensibles et capables de raison avaient été formées et faites à partir du maïs et elles ont été perfusé avec la vie comme avant. Les dieux réussirent leur œuvre et ils l’avaient trop bien réalisée en fait : la race d'humaine ainsi crée étaient presque aussi connaissant et puissante que les dieux eux-mêmes. Certains d’eux, que les mayas appètent les Dzolobs, étaient les profanateurs et des malhonnêtes. Ils convoitaient et désiraient la place des dieux eux-mêmes. C’est ainsi que les dieux furent trompés par les ceux aux yeux de coléoptères, les malhonnêtes, les Dzolobs qui sont venus et ceux qui ont mis le mal parmi les autres hommes. Quand ils sont venus "le Katún maudit" finissait. Pour ces Ix-Tziu-nene les autres hommes de la terre sont des esclaves. Ils causèrent la grande catastrophe cosmique ceux-là qui venaient de Xibalba qui vainquirent les 13 dieux du Ciel et ils firent tomber depuis le ciel le serpent céleste. Le visage du soleil fut cassé. Il tomba, se cassant depuis le haut des cieux et causant l’embrasement du ciel et de la terre. Il n'y avait plus aucun soleil, uniquement la nuit sans aucune lune. Et il a plu le feu et la cendre et les arbres et les roches sont tombés, fracassés les uns contre les autres et l’eau arriva. Des terres furent englouties causant la fin du monde et la mort des hommes et faisant des orphelins et des veuves faibles.
Et les treize dieux ont été ainsi pris par les malhonnêtes et chacun de leurs visages fut giflés et chacune de leurs têtes coupées et cassées par leur ennemis. Leur corps sans tête furent jetés dans le trou noir sans fond de leur royaume de Xibalba. Alors les malhonnêtes ont cru qu'ils étaient aussi maintenant des dieux ; mais ils ne l'étaient pas. Ils n'ont pas dispersé des graines, ils n’étaient pas capables de faire la pluie. Ils étaient stériles, incapables d’engendrer la vie. Ils n’étaient capables que d’amener la mort.
Ils étaient puissants mais n’amenèrent avec eux que des périodes difficiles et la misère.
Quand le Katún des malhonnêtes a été fini et que la période du prochain Katún a débuté Hunab Ku, qui est l’éternel, le dieu créateur a rétabli le feu du soleil. Son visage se tourna vers la terre à laquelle il redonna fertilité et vie. Ils obscurcirent la vision de tous les hommes et les rendit mortels. Il tua la multitude des guerriers des malhonnêtes qui furent surpris de voir leur guerre ainsi finie. Il laissa au monde son incarnation, son fils Itzam Na qui est venu tandis que la terre et le ciel étaient nettoyés. Ses fils secouèrent la création depuis ses fondations et firent tomber les cieux sur terre pour y faire descendre les violateurs impurs. Certains de ces profanateurs se réfugièrent sous terre, se cachant du regard divin de celui qu'ils avaient trahi, d'autres t restèrent perchés et disparurent dans le néant du non-créé. Les quatre dieux, fils d’Itzam Na, les quatre Bacabs ont nivelé toute la terre. Au moment où la mise à niveau a été finie, ils érigèrent les grands arbres rouge, jaune, noir et blanc avec lesquels ils relevèrent et soutirent le ciel des quatre coins du monde. Et le grand arbre de Ceiba vert a été érigé au milieu d’entre eux pour garder la mémoire de cette destruction de la terre.
Itzamna était juste, il descendit dans les profondeurs du Xibalba, au royaume des morts. Il y chercha et y reconnu ceux qui étaient restés fidèles aux dieux. Par le sacrifice de son sang, ils les ramenèrent à la vie. Ce fut un jour magnifique de puissance et de beauté, le jour où, la moisson est devenue abondante, un jour de grandes récoltes et ce fut la cause de grandes lamentations de la part des Dzolobs qui avaient survécus, car Itzamna leur prit la terre et la redonna aux hommes. Ainsi les hommes de Maïs sont réapparus, les hommes des temps présenté mais avec eux l’animal mauvais est encore présent, caché dans l’ombre, et il prospère toujours.
Itzam Na qui était l’incarnation du serpent qui donne la vie représenté le grand Dragon à deux têtes s’est incarné sur terre comme un homme afin qu’il enseigne et que fut comprise par le peuple des hommes la sagesse des dieux. Le monde actuel est titulaire d'un mélange de tous les êtres créés précédemment mais tous ne survivront pas au prochain Katún, si Hunab Ku qui est le créateur suprême ne sanctifie pas une nouvelle création et qu’il le veux ainsi!»
J’étais tout comme Jillian émue et silencieux. L’histoire de Rafaele décrivait exactement le contenu images de murales. Comment Papah pouvait-il savoir cela sans être jamais venu ici? Je frissonnais encore à la mention du nom des Dzolobs qui évoquait pour moi un mauvais rêve, les esprits obscurs de la nuit. Selon cette histoire, ils étaient de l’espèce des hommes. Ils avaient défiés les dieux et avaient perdus !
Il ne m’était pas clair si nous vivions dans les troisième, quatrième ou cinquième Age selon ce qu’avait dit Rafaele. Est-ce que les Saiyamkoobs avaient été créés dans ce qui avait été le premier âge, ou devaient-ils être considéré comme le deuxième âge? Est-ce que les Mayas avaient leur propre âge? Vivaient-ils maintenant comme des vestiges dans un âge ultérieur, ou est ce que ce soleil était celui de l'ère des maya? Ce qui semblait plus certain était que ces époques de la création semblent correspondre au Grand Cycle de treize Baktuns. Si nous étions bien au cinquième Baktuns, nous étions vraiment aux derniers jours de la création. Je comprenais l’appréhension des Mayas. Il n’y aurait qu’une continuation de la vie que si les dieux engendraient une nouvelle création mais avant, ils devront peut-être encore raser ce qui reste de l’ancienne. Déjà la fin du présent cycle était enclenchée. Rafaele et moi avions trouvé les deux premiers baccabs. Il nous restait à aller chercher les deux autres. Que feraient-ils ces quatre frères, ces dieux de la Terre, une fois qu’ils seraient retrouvés? Devront-ils de nouveau purifier cette Terre en la nettoyant par un cataclysme? L’alternative du monde continuant en ayant à sa tête des gens comme les Morris et les autres Dzolobs de ce monde ne pouvaient pas continuer, je comprenais cela. J’avais portant foi qu’il y avait tant de choses dans ce monde qui valaient la peine d’être préservée. C’est pourquoi j’avais choisi de vivre dans cette tente au Nunavik. Je comprenais que c’était peut-être pourquoi ce Shaman m’avait choisi. Il fallait briser ce cycle de création et de destruction car à force de constamment tout effacer et recommencer, le monde était condamné à répéter à chaque fois son passé et il n’y avait aucune résolution ou évolution. Je confiai mes impressions à Rafaele qui abondait lui aussi dans le même sens.